Le discours programme de demain mettra l’accent sur l’économie du pays et le bien-être de la population. Les mesures qui seront prises amélioreront la vie des familles mauriciennes. « Il n’y aura pas de pilule amère », rassurait l’alliance PTr/PMSD à propos du contenu du programme, durant sa conférence de presse à Port-Louis, hier matin. La lecture du programme (à partir de 17h), demain au Parlement, sera suivie d’un point de presse. C’est ce qui a été également annoncé hier.
Pour le PTr et son partenaire, le PMSD, le gouvernement a trois priorités: le bien-être de la population, l’économie et le développement du pays. D’ailleurs, le nouveau programme gouvernemental qui sera dévoilé demain sera grandement consacré à l’axe économique. Le temps, selon le PTr qui animait une conférence de presse conjointe avec le PMSD au Square Guy-Rozemont, à Port-Louis, hier matin, n’est pas « au cinéma, au bluff » auxquels se livrent certains, mais « au respect de l’agenda bien précis » du gouvernement. Mais malgré la détermination des trois intervenants – Patrick Assirvaden et Lormus Bundhoo, président et secrétaire général du PTr, respectivement, et Lindsay Morvan, directeur des communications du PMSD – pour rappeler que l’alliance gouvernementale veut, en dépit des remous politiques, s’appesantir sur la santé économique du pays, Sir Aneerood Jugnauth a été largement évoqué hier matin. Et si le PTr/PMSD a vivement critiqué l’ex-président de la République, démissionnaire pour avoir, entre autres, défié l’Independant Commission Against Corruption , le tandem a, en revanche, presque sympathisé avec Ashock Jugnauth: Union Nationale et Eric Guimbeau: MMSD, évincés du remake 2000. « Nous avons noté l’humiliation subis par Ashock Jugnauth et Eric Guimbeau (…). Aujourd’hui, les militants et les fidèles comme Ashock Jugnauth et Eric Guimbeau ont été sacrifiés! », déclarait Patrick Assirvaden en commentant l’accord MedPoint 2. Selon le président du PTr, la démission de Sir Aneerood Jugnauth et son retour dans l’arène politique n’a pas eu l’effet escompté par le MMM/MSM.  « La mayonnaise n’a pas pris! » Même à Rivière du Rempart, le fief de SAJ, l’électorat aurait été impassible à son égard et « la grande sortie de SAJ n’a pu avoir lieu. »
Militants mécontents
En prenant connaissance du discours programme demain, la population,  dit Patrick Assirvaden, reconnaîtra l’effort déployé par le gouvernement « visionnaire » pour faire face aux enjeux locaux et internationaux. SAJ, en estimant, dit-il, que la population est en souffrance, a oublié les mesures impopulaires prises sous le gouvernement MMM/MSM. Le discours du 16 avril, ajoute Lindsay Morvan, aura aussi pour objectif « d’apporter des mesures correctives » et en ce faisant, le gouvernement fait preuve de responsabilité. Le porte-parole du PMSD a précisé que « le programme n’annoncera pas de réduction salariale, comme c’est le cas dans d’autres pays et ne sera pas une pilule amère. » Mais celui-ci, déclare Lindsay Morvan, apportera des mesures qui amélioreront la situation des familles mauriciennes. L’alliance MMM/MSM, poursuit-il, a oublié qu’entre 2000 et 2005, plus de 30,000 personnes ont perdu leur emploi dans la zone franche et que la croissance économique a chuté sous son régime en 2002. Le gouvernement a pu ramener le taux à 4% en 2011, en dépit de la crise économique.
S’agissant du remake 2000, Patrick Assirvaden pense que celui-ci ne ferait pas des heureux au sein des militants. Le remake 2000 se fait au détriment de certains députés mauves: « Franco Quirin, so plas inn fini ale dan niméro 20. Veda Balamoody pa pou kandida dan No 1. Satish Boolell pou donn so plas Sunil Dowarkasing. Lysie Ribot pou out dan No 19, madam Dawreeawoo pe pran so plas. Pe fer plas pou Sheila Grenade dan No 1. » De son côté, remonté, Lormus Bundhoo juge « extrêmement graves les menaces proférées par SAJ, en tant qu’ancien président de la République et Premier ministre, contre l’ICAC. » SAJ, rappelle-t-il, a mis la commission anti-corruption au défi de prouver un « case » contre son fils Pravind dans l’affaire MedPoint. En menaçant l’ICAC, fait ressortir le secrétaire général du PTr, SAJ laisse tomber les autres qui ont été arrêtés dans le sillage de cette affaire, y compris Maya Hanoomanjee. Lormus Bundhoo dit ne pas s’étonner des menaces de SAJ et de son manque de respect envers des institutions: « C’est dans ses habitudes. » SAJ aurait même été plus loin, selon lui: « Il a rencontré Bérenger en catimini pour renverser le PM qui a été élu démocratiquement. »  Et contrairement à SAJ, le gouvernement en place a du « respect pour les syndicalistes et la presse. » Et de préciser de manière solennel: « Navin Ramgoolam est le contraire de SAJ. Mo premye minis, mo leader respekté bann institisyon. »