Demain, cela fera tout juste un mois qu’après quinze jours d’une mauvaise comédie burlesque jouée au sommet de l’État, en éclaboussant la République, Ameena Gurib-Fakim a été contrainte à la démission. Essentiellement pour avoir suivi les avis de mauvais conseillers auto-proclamés experts en tous genres. Ils l’ont incitée à démentir des faits avérés, à lancer des ultimatums à la presse et à une banque et à nommer une commission d’enquête sur elle-même! Quelques quarts d’heure à peine après la démission d’Ameenah Gurib-Fakim, Pravind Jugnauth, aussi mal conseillé que l’ex-Présidente, a tenu une conférence de presse diffusée, comme d’habitude, en long et en large par la télévision nationale. On pensait que le Premier ministre allait révéler à la nation les choses graves
qu’il avait découvertes sur l’ex-Présidente et qu’il avait promis de rendre publiques.

À la place, il a annoncé l’institution d’une commission d’enquête gouvernementale, annonce qui n’avait visiblement qu’un seul objectif. Éviter l’institution d’une commission d’enquête parlementaire sur les affaires Gurib Fakim et Sobrinho réclamée par l’opposition et l’opinion publique. Le PM a donc annoncé que le gouvernement avait institué une commission d’enquête pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles l’ex-Présidente avait nommé sa commission d’enquête illégale. Pas sur l’affaire Sobrinho qui intéresse autant, sinon plus le pays que les déboires de l’ex-Présidente. Dans mon billet d’humeur du 4 avril, je posais la question suivante: Fallait-il nommer une commission d’enquête pour connaître les détails d’une opération qui s’est pratiquement déroulée en direct live sur les radios privées et les réseaux sociaux?

Il était déjà évident que la nomination avait été faite pour calmer l’opinion tout comme le fait pour le même Premier ministre de demander à l’ICAC d’ouvrir une enquête sur le sieur Sobrinho. Une enquête que l’institution aurait dû avoir pris l’initiative d’ouvrir depuis au moins une année, sans attendre les instructions du PM pour commencer à faire son travail. Attitude qui met en exergue la totale dépendance de l’ICAC. Mais revenons à la commission gouvernementale de Pravind Jugnauth. Cela fait un mois qu’il a annoncé sa constitution mais depuis ces trente jours, il n’a pas eu le temps de nommer un président et des assesseurs pour faire démarrer les travaux. Ce qui confirme le sentiment que l’annonce de la constitution de la commission n’était qu’une manœuvre politicienne. Ce qui oblige, une fois encore,à se poser une autre question fondamentale: qu’est-ce qui oblige Pravind Jugnauth à tout faire pour éviter que les détails de l’affaire Sobrinho soient révélés au grand jour?

Semaine après semaine, la tendance se confirme au MMM: la direction n’aime pas que ses membres parlent à la presse. Surtout ceux qui expriment des critiques sur le fonctionnement et la ligne du parti, donc sa direction. C’est ainsi que Steeve Obeegadoo a été sommé de s’expliquer

sur l’interview qu’il avait accordée à Week-End et menacé de sanctions disciplinaires s’il ne se rétractait pas. Face au refus d’Obeegadoo de démentir ses propos, les menaces n’ont pas été mises à exécution, on ne sait pas trop pourquoi. Pour sa part, Rajesh Bhagwan – qui avait déclaré à Week-End que si jamais le MMM contractait une alliance avec le MSM, il ne fallait pas compter sur lui –, a reçu un savon du BP. La direction du MMM, qui jure ses grands dieux que le parti ne fera pas d’alliance préélectorale, a reproché à Bhagwan d’avoir abordé le sujet. Quel mal y a-t-il à dire qu’on est contre une alliance si aucune négociation n’est et ne sera à l’ordre du jour? Encore une logique du MMM qui n’est compréhensible que par son BP. Et puis, il y a le cas Pradeep Jeeha qui est passé, en quelques jours, du statut de leader adjoint à celui de “comploteur et mal élévé” et a été «démissionné» du parti alors qu’il avait sollicité un congé politique du BP. Il a, paraît-il, aggravé son cas en accordant une interview à Radio Plus, ce qui a valu au «démissionné» de voir son cas — et surtout ses propos — passés en revue par le BP.Il paraît que le BP mauve n’a pas toléré que Jeeha déclare “On ne peut continuer à laisser des gens devenir des clowns dans la cour du roi Pétaud.” L’instance suprême des mauves a, donc, recommandé au CC d’expulser l’ex-compagnon de déjeuner de Paul Bérenger. Ce qui a été fait hier. Question technique, comment peut-on expulser d’un parti quelqu’un qu’on a déjà «démissionné» d’office? Même a Cuba, où les Castro viennent de quitter le direction du pays, on n’ose plus faire ça!