L’utilisation des sacs en plastique a continué à augmenter durant la dernière décennie pour atteindre les 300 millions d’unités annuellement. « La situation s’est aggravée avec la libéralisation de l’importation des sacs en plastique en 2013 », a déclaré Raj Dayal au Parlement hier, avant d’indiquer qu’actuellement 12 entreprises sont engagées dans la production de tels sacs, dont la plupart sont des PME, à l’exception de trois. Environ 280 emplois sont concernés par ce secteur.
Raj Dayal répondait au député Aadil Ameer Meea (MMM) qui voulait savoir la date à laquelle les sacs en plastique seraient interdits, quelles sont les alternatives qui ont été identifiées, les mesures prises pour aider les entreprises engagées dans la production du plastique ainsi que le nombre d’emplois qui seront supprimés.
La bataille contre l’utilisation abusive de sacs en plastique est un « long standing concern », affirme Raj Dayal. Il a rappelé que différentes mesures ont été prises depuis 2002 pour réduire leur utilisation, dont la promulgation de règlements, l’introduction d’une taxe et des campagnes de sensibilisation. « Elles ont toutes échoué », dit-il. Une stratégie de « zéro plastique » avait aussi été initiée par le précédent gouvernement en 2011 mais elle a également échoué, faute de plan d’action durable.
Le ministre de l’Environnement a estimé que la décision d’interdire les sacs en plastique, comme annoncé dans le récent budget, est une mesure très forte « which will allow leapfrogging from a throw-away society to an ecologically responsible one ». Il a indiqué que les sacs en plastique seront interdits à partir du 1er janvier 2016 et que son ministère travaille déjà sur les modalités et les stratégies, dont une campagne de sensibilisation, de même que la promulgation de règlements pour l’interdiction de la production locale, de l’importation, du commerce et de l’utilisation des sacs en plastique sous l’Environment Protection Act.
Certaines exemptions, dit le ministre, seront accordées pour les besoins de l’empaquetage et des conditions hygiéniques et sanitaires. Il a aussi rappelé que présentement, diverses alternatives au plastique existent sur le marché, dont les sacs en jute, en tissu, en tissu recyclé, en feuilles de pandanus (vacoas) et raphia, en papier recyclé et en cuir. « Nous avons vu, de par l’expérience d’autres pays et de Rodrigues, que cette industrie est market-driven. Le business s’est agrandi à Rodrigues et il le sera aussi à Maurice », a-t-il fait ressortir.
Se référant à un article de presse, Aadil Ameer Meea a soutenu que 25 entreprises sont concernées par la production de plastique et que dix d’entre elles vont fermer leurs portes. « Ce sont des PME qui ont des dettes. Que fera le gouvernement pour leur venir en aide ? » a-t-il demandé au ministre. Ce dernier a répondu qu’il est disposé à rencontrer celles qui sont en difficultés. Le député a, par ailleurs, demandé que la taxe de 30 % sur le papier soit réduite « si on veut que la population utilise les sacs en papier ».