Maurice a progressé de neuf places dans le classement mondial établi dans l’édition 2013-2014 du Rapport global sur la compétitivité, publié hier soir par le World Economic Forum (WEF). Maurice est en effet passée de la 54e à la 45e place dans ce classement, qui comprend 148 pays, pointant à la première place au niveau du groupe de pays d’Afrique subsaharienne. Sur le plan global, c’est la Suisse qui se présente comme l’économie la plus compétitive, devançant ainsi Singapour et la Finlande.
Le Rapport global sur la compétitivité 2013-2014 indique que les pays à fort taux d’innovation, et disposant d’un réseau d’institutions prépondérantes, dominent les classements internationaux sur la compétitivité. Il souligne que Maurice bénéficie de l’apport d’institutions publiques relativement solides et transparentes (39e place sur 148), de droits de propriétés intellectuelles, d’une indépendance judiciaire forte et d’un gouvernement efficace (29e place). Le rapport fait aussi ressortir que les institutions privées sont highly accountable (14e place) tout en appliquant des normes comptables élevées et en veillant à la protection des investisseurs. « The country’s infrastructure is well developed by regional standards (50th), particularly its ports, air transport, and roads », note ainsi le WEF.
Les auteurs du rapport 2013-2014 observent des améliorations notables au niveau de l’efficience du marché. La sophistication des opérations dans le marché financier, par exemple, a contribué au bon classement du pays (26e) au plan global. Une performance qui repose surtout sur un meilleur accès à différents types de financements et services financiers. « This is further reflected in company spending on Research & Development-which seems to be increasing, albeit from low levels- thus some what enhancing Mauritius’ innovative capacity », écrit le WEF. Le rapport fait en outre état de l’efficacité du marché des produits de consommation, où on observe une prévalence de produits étrangers et une plus grande concurrence.
Quant au marché du travail, le WEF trouve qu’il est plutôt flexible (Maurice occupe la 55e place mondiale sous ce chapitre), et ce même si le pays, ajoute-t-il, ne déploie pas ses talents de manière efficace. Maurice, poursuit le rapport, se retrouve en 92e position pour ce qui est de sa capacité à retenir les talents alors que la contribution des femmes à la main-d’oeuvre totale est pour sa part jugée « faible ». Le WEF constate également que le pays fait face à un manque de scientifiques et d’ingénieurs, d’où son mauvais classement mondial (102e).
Notre pays s’est par ailleurs vu attribuer un score de 4,45 points (sur un maximum de 10) dans le classement global. Bahreïn (43e) et la Turquie (44e), les deux pays qui précèdent immédiatement Maurice, ont également obtenu un score identique. Une lecture du classement fait voir que la progression de neuf places de Maurice s’est opérée au détriment des pays suivants : la République tchèque, les Barbades, la Lituanie, l’Italie, le Kazakhstan, le Portugal, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil. Ces pays étaient en effet placés avant Maurice dans le classement précédent, en l’occurrence pour l’exercice 2012-2013.
Outre Maurice (45e) et l’Afrique du Sud (53e), les autres pays d’Afrique subsaharienne concernés par le classement sont le Botswana (74e position), les Seychelles (80e), la Namibie (90e), la Zambie (93e), le Kenya (96e) et le Gabon (112e). Parmi les pays de l’indice global ayant amélioré sensiblement leurs positions, on relève l’Indonésie (de la 50e à la 38e), l’Équateur (de la 86e à la 71e), le Kenya (de la 106e à la 96e), le Nicaragua (de la 108e à la 99e), le Lesotho (de la 137e à la 123e) et le Swaziland (de la 135e à la 124e).
Le WEF estime que « des efforts considérables dans tous les domaines sont nécessaires pour améliorer la compétitivité de l’Afrique ». La région subsaharienne, fait-il remarquer, continue de jouir d’un taux de croissance impressionnant, de l’ordre de 5%, apportant une lueur d’espoir dans une économie mondiale marquée par l’incertitude. « Growth has taken place on the backs of strong investment, favorable commodity prices, and a prudent macroeconomic stance », indique le rapport. L’Afrique subsaharienne reste cependant toujours derrière le reste du monde en ce qui concerne la compétitivité. Exceptés Maurice et les Seychelles, qui se trouvent dans la première moitié du classement, l’Afrique continue en effet de fournir des performances inférieures aux attentes dans les domaines de la santé et de l’éducation de base. D’où la nécessité de développer l’enseignement de haut niveau et la formation en Afrique, soutient le WEF. Pour ce qui est du développement du marché financier, seuls trois pays (l’Afrique du Sud, le Kenya et Maurice) figurent parmi les 50 premiers du classement.
Commentant le rapport 2013-2014, Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du WEF, est d’avis que pour que les pays se démarquent, cela dépend de leur capacité à innover. « Il est indispensable pour les leaders des milieux économiques, politiques et de la société civile de collaborer et mettre en place des systèmes de formation ainsi que des conditions propices à l’innovation », ajoute-t-il.