La Banque africaine de Développement (BAD) prévoit un taux de croissance de 3,8 % de l’économie mauricienne en 2016, taux qui devrait grimper à 4 % en 2017 à la faveur d’une augmentation de la demande intérieure et extérieure. C’est ce qu’on relève dans l’édition 2016 du rapport sur les Perspectives économiques en Afrique que l’institution financière a rendu public à l’ouverture de sa 51e assemblée générale annuelle tenue à Lusaka, Zambie.
Dans ce rapport, la BAD note que l’économie mauricienne a enregistré une croissance réelle de 3,7 % en 2015 par rapport à 3,6 % en 2014, laquelle croissance a été tirée par les technologies de l’information et de la communication et le secteur de la finance et de l’assurance qui ont progressé de 6,3 % et de 5,6 % respectivement. Mais, elle remarque que ces progrès ont été en partie annulés par les mauvaises performances du secteur de la construction qui s’est contracté de 5,4 %. « Le gouvernement a maintenu une politique budgétaire expansionniste en 2015, et le déficit public s’est creusé à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3,2 % à la fin 2014 », écrit la BAD qui relève dans la même foulée que la Banque de Maurice a réduit le taux directeur (de 4,65 % à 4,4 %) « pour prendre en compte le faible rythme de la croissance et le niveau modéré de l’inflation ».
L’institution financière panafricaine constate que les pressions inflationnistes sur l’économie nationale ont été généralement basses grâce, précise-t-elle, à la stabilité des prix des produits alimentaires et au repli des cours internationaux des matières premières. Le taux d’inflation en 2015 a été de 1,3 %. Il pourrait, selon la BAD, remonter dans une fourchette de 2,5 % à 3 % à court terme. Quant au déficit des comptes courants, il est tombé à 4,9 % en 2015 contre 5,9 % en 2014, un recul expliqué principalement par les effets combinés de la réduction des prix du pétrole sur les importations de marchandises et celui de la bonne tenue du secteur touristique sur les recettes d’exportation de services.
Pour la BAD, les mesures prises par le gouvernement pendant sa première année de pouvoir laissent à penser que ce dernier « s’attachera à favoriser une croissance inclusive et l’investissement, l’assainissement des finances publiques ne venant qu’au second plan à court terme ». Le rapport de la BAD fait référence à la feuille de route économique (Vision 2030) du gouvernement, au projet de création d’un fonds souverain et au Smart City Scheme. La BAD estime que « le gouvernement a introduit une approche novatrice du développement urbain, reposant sur huit villes intelligentes et cinq technoparcs, dans une volonté de favoriser une croissance économique durable et d’améliorer la compétitivité du pays ».
Dans ses prévisions concernant la croissance économique du continent africain, la BAD anticipe un taux de 3,7 % en 2016 (taux inférieur à l’estimation de 5 % évoqué en mai dernier à sa réunion à Abidjan) et de 4,5 % en 2017. Réalisées en partenariat avec l’OCDE et le PNUD, les prévisions de la BAD indiquent que le continent africain demeure la deuxième région en termes de performance derrière l’Asie orientale. La BAD se montre plus optimiste que la Banque mondiale (qui a prévu des taux de 3,3 % en 2016 et de 4,5 % en 2017) et le Fonds monétaire international (3 % en 2016 et 4 % en 2017) concernant l’économie africaine.
Le rapport 2016 relève que les performances économiques de l’Afrique se sont maintenues en 2015, en dépit des turbulences mondiales et des chocs régionaux. Le continent est resté la région économique du monde qui a enregistré la deuxième plus forte croissance, derrière l’Asie de l’Est. Pour le directeur par intérim de la division Recherche & Développement de la BAD, Abebe Shimeles, les pays africains, parmi lesquels figurent des champions de la croissance mondiale, ont fait preuve d’une résilience exceptionnelle face à l’adversité économique internationale. « Transformer cette résilience durable en une amélioration des conditions de vie des Africains nécessite une intervention dynamique des pouvoirs publics, visant à promouvoir une croissance plus rapide et plus inclusive », a-t-il ajouté.