Depuis ces derniers jours, l’industrie du transport en commun est mise sous tension avec l’ouverture des urnes dans le sillage du brûlant dossier sur les recommandations du National Remuneration Board (NRB), soit particulièrement la hausse salariale de 7% à 34% en faveur des travailleurs. Les employés de Triolet Bus Service ont déjà donné le ton cette semaine avec un vote écrasant en faveur des actions syndicales nationales qui seront amorcées si le gouvernement refuse d’appliquer la première version du rapport NRB faisant état de cette augmentation du salaire. Cette tension risque de monter d’un cran dans les semaines à venir avec les employés des quatre autres compagnies engagées dans ce secteur passant au vote pour les mêmes raisons. En attendant, le bras de fer entre Ashok Subron, syndicaliste du tandem General Workers Union (GWF) / Union of Bus Industry Workers (UBIW), et le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, se poursuit quant à l’inclusion ou pas de cette révision salariale dans les recommandations du NRB.
Avec les derniers caPour l’heure, la satisfaction est de mise dans le camp syndical au sujet du déroulement des votes à la compagnie Triolet Bus Service avec 99% des votants s’exprimant en faveur de l’application des recommandations du NRB, dont une hausse salariale de 7% à 34%, et mandatant le corps syndical à prendre des actions industrielles appropriées pour forcer la mise en vigueur de ce rapport. Les détails sont que 82% (608 travailleurs) du work forcede Triolet Bus Service sont allés aux urnes avec 602 personnes votant pour, 2 contre et 4 bulletins annulés. «Si 99% travayer TBS inn voté pu deklansman aksyon sindikal nasyonal, li reflet lakoler ek santiman linzistis ki zot pe sibir. Aster travayerlezot konpanye transport, RHT, MBT, UBS ek CNT pou exprim zot. Se apre sa, ek si gouvernman refiz ekout zot revandikasyon ki ena posibilité aksyon indistriel. Antouleka intimidasyon pa finn fer travayer TBS per. Okontrer zot inn donn enn manda kler a UBIW!», déclare le syndicaliste Ashok Subron à Week-End.
Avec l’étape de Triolet Bus Service franchie avec succès, les dirigeants de la GWF et du UBIW se penchent désormais sur l’organisation des autres exercices de vote qui se tiendront dans les quatre autres compagnies engagées dans cette industrie (ndlr: voir le calendrier plus loin). Le prochain rendez-vous sera du côté des travailleurs du RHT Bus Service Ltd avec les urnes ouvertes le mardi 22 et le mercredi 23 juillet.
“Haute trahison”
En attendant les prochains développements, le ministre du Travail et des Relations Industrielles Shakeel Mohamed et le syndicaliste Ashok Subron s’accusent mutuellement de priver les employés du secteur du transport en commun d’une éventuelle augmentation salariale. Le ministre de tutelle présente la démarche d’Ashok Subron comme étant de«mauvaise foi»et d’une«haute trahison.»«La seule raison pour laquelle les travailleurs du secteur du transport en commun se retrouvent dans une pareille situation, avec l’incapacité d’accorder une Remuneration Order sur la question du salaire, est qu’Ashok Subron a insisté pour la signature d’un accord collectif l’année dernière», affirme Shakeel Mohamed tout en expliquant que si le gouvernement approuve cette augmentation salariale, il serait en violation avec la convention 154 du Bureau International du Travail (BIT).
«Nous ne pouvons chambouler les règles et détruire les conventions. Légalement, Ashok Subron a privé les travailleurs de bénéficier d’une hausse salaire avecson empressement de signer cet accord collectif en 2013», répète le ministre. Shakeel Mohamed confirme que dans la première version du rapport du NRB, ce dernier a abordé la question de la hausse salariale en faveur des travailleurs. Mais à la suite de cepremier document, tous les partenaires ont été invités à faire des commentaires à cet effet. Le ministère du Travail a alors fait remarquer au NRB qu’un accord collectif, incluant une augmentation salariale de 19%, était déjà en vigueur dans cette industrie suite à la grève de 2013 à la CNT.
Shakeel Mohamed confirme également qu’à la lumière de ces nouvelles observations du ministère, le NRB s’est penché sur la préparation d’un rapport final. «Celui-ci est actuellement à l’étude par mes conseillers au ministère. Il faudra voir les implications et consulter les partenaires de laNational Transport Authority et ceux au ministère du Transport», conclut le ministre du Travail.
De son côté, Ashok Subron donne une tout autre version de l’histoire en affirmant que l’accord de 2013 fut signé en attendant les recommandations du NRB.«Lakor Kolektiv ki ti sinye lane dernier, ti inikman lor saler, an atandan ki NRB fer so bann rekomandasyon lor saler ek lezot kondisyon travay dan kad Review of Public Transport (Buses)Workers Remuneration Order Regulations ki Shakeel Mohamed limem inn dimann NRB fer», commente le syndicaliste. La guerre des mots entre le syndicaliste Subron et le ministre Mohamed se poursuit de plus belle avec le premier nommé avançant que «se dayer lor baz sa terms of reference-là ki inklir saler, ki tou sindika ek patrona dan sekter transpor inn depozé divan NRB. Se pou sa ki NRB inn pibliye so Rekomandasyon lor saler ek lezot kondisyon danplwa. Se Shakeel Mohamed ki pe rod manipil laverité, parski tou simpleman li finn inilateralman desidé pou pa akord ogmantasyon saler ki NRB inn Rekomandé. Laverité seki li pe sede a lobi patrona, apre rekomandasyon NRB. Nou esperé ki Ramgoolam konpran laverité ek ekout lavwa travayer, a kumansé par seki inn exprimé dan Triolet sa semenn-la.»
Le porte-parole du tandem GWF/UBIW poursuit ses explications en affirmant que ce sont les compagnies d’autobus qui ont refusé d’initier les négociations collectives, que ce soit au niveau national ou individuel. «Se zot ki finn anvi al divan NRB. Shakeel Mohamed olye ankouraz negosyasyon, inn sabot li par sedé a ekzizans patrona an Avril 2012. Se sa zig-zag GM-Patrona ki finn kontribye pu provok lagrev CNT ek ki zordi pe provok enn nouvo tansyon», dénonce avec force Ashok Subron. Quoi qu’il en soit, les sources approchées indiquent que dans son rapport, le NRB a fait état d’un «blatant fact»en révélant que les employeurs ne sont pas disposés à se livrer à la négociation collective avec certains appliquant les conditions de travailminimales strictes et d’autres ne les respectant même pas. «The Board has come across a blatant fact during the review of this particular industry: employers are not willing to indulge in collective bargaining. Some apply the strict minimum terms and conditions of employment as stipulated by the current regulations whilst others simply do not abide thereto», aurait fait comprendre le NRB. Affaire à suivre, compte tenu de l’enjeu
Les rendez-vous aux urnes
RHT Bus Service Ltd :  22 Jul – 23 Jul 2014 (R1), (4:35 a.m. to 2 p.m.)
Mauritian Bus Transport Ltd :  31 Jul – 1 Aug 2014 (R1),(4:00 a.m. to 2 p.m.)
UBS LTD (Port-Louis) :  12 Aug – 13 Aug 2014 (R1)(4 a.m. to 2p.m.)
UBS Ltd (Forest-Side) :  19 Aug – 20 Aug 2014 (R1), (4 a.m. to 2 p.m. )
CNT Forest-side :  26 Aug – 27 Aug 2014 (R1), (4 a.m. to 2 p.m.)
CNT Souillac :  26 Aug – 27 Aug 2014 (R1), (5 a.m. to 2 p.m.)
CNT Riviere de Rempart : 28 Aug – 29 Augt 2014 (R1), (5 a.m. to 2 p.m.)
CNT La Tour Koenig : 28 Aug – 29 Aug 2014 (R1), 4a.m. to 9:00 a.m.)
(Immigration 10 a.m. to 2 p.m.)
CNT Remy Ollier & Bonne Terre : 1 – 2 Sept 2014 (R3), (4 a.m. to 2 p.m.)