Ras Natty Baby propose un nouveau disque après dix ans de silence. Un album qui comprend un style aux accents rodriguais, et qui signale que le rastaman n’est pas hors circuit malgré ses démêlés avec la justice.
“Mo pa enn zom san defo. Me seki mo pe lese kom memwar, se bann zafer ki fer reflesi.” Ras Natty Baby se décrit comme un vilain petit canard qui dit des choses que tout le monde ressent. Des choses qui se disent dans les foyers ou dans les coins de rue, mais pas en public. Ainsi s’exprime Joseph Nicolas Emilien, citoyen de la République de Maurice. Qui note une perte de confiance dans la chose politique au sein de la population. Allusion faite à ce qui est perçu comme une recrudescence de problèmes socio-économiques.
Scope a interrogé le chanteur sur ses démêlés avec la justice. Ce à quoi Ras Natty Baby répond : “J’ai connu des hauts et des bas dans la vie, mais je ne suis pas un trafiquant.”
“Baby ankor la”
L’accent à la conférence de presse du rastaman sera davantage mis sur le nouvel album. Un disque qui intervient dix années après Militant, sorti en 2002. Il est signalé que la date de lancement du présent opus correspond à l’anniversaire de naissance de Haïlé Sélassié (23 juillet 1892).
La Résurrection. Un titre personnel comme pour dire que Ras Natty Baby n’est pas mort. “Dimounn ti pe anter mwa, ti pe dir ki Baby inn fini. Atraver sa album-la, mo pe vinn dir ki Baby ankor la.”
Notons que l’artiste comptera trente ans de carrière l’année prochaine, et semble toujours avoir beaucoup de choses à dire sur la société. À travers ses chansons, il invite à prendre conscience d’une nature qui doit être préservée. L’écologie est un thème récurrent dans plusieurs chansons.
Rodrigues.
La tradition de son île natale est également fortement présente dans cet album. D’origine rodriguaise, Ras Natty Baby n’oublie pas les mélodies de polka ou de mazurka qui ont bercé son enfance, ainsi que la conscience collective du pays qui l’a vu naître en 1955. C’est une partie du patrimoine musical rodriguais que Ras Natty Baby souhaite immortaliser. Ce qui résulte en un ska mâtiné de mélodies jouées à l’accordéon. À découvrir dans l’album. Déjà chez les disquaires à Rs 200.
Et “si Jah permet”, Ras Natty Baby entamera une série de concerts pour marquer ses trente ans de carrière.