Il est du devoir de tous les Mauriciens de ne pas gaspiller l’eau et de l’utiliser de manière judicieuse, affirme le Deputy Prime Minister et ministre des Services publics Rashid Beebeejaun. « Nous devons la gérer de manière responsable », a-t-il soutenu à la presse à l’issue de la cérémonie inaugurale, hier, de la conférence sur la gestion de l’eau en Afrique organisée par la Mauritius Academy of Science and Technology (MAST) au siège du MSIRI à Réduit.
« Il nous faut remettre en question nos mauvaises habitudes concernant l’eau car ce n’est pas une ressource infinie, elle est précieuse et disponible en quantité limitée », déclare M. Beebeejaun. Le gouvernement, dit-il, s’est embarqué dans un programme de réforme en profondeur du secteur de l’eau qui prendra son temps car il faut le faire scientifiquement. « Nous nous sommes, jusqu’à présent, occupés de la non-revenue water en remplaçant les tuyaux dans certaines régions. Il nous faut faire davantage. Nous avons demandé à nos amis singapouriens de nous suggérer le plus vite possible ce que nous devons faire pour la région de Mare-aux-Vacoas ». Pour lui, la population doit réaliser que si on a beaucoup parlé de Mare-aux-Vacoas, trois autres réservoirs, La Ferme, Mare-Longue et Piton-du-Milieu, sont également déficitaires en eau. Ce qui signifie que ces régions également sont en manque de pluies. « Avec les dernières pluies, nous arrivons à environ deux tiers de la normale pour le mois de mars, on reste donc loin de 100 %. Les dernières pluies vont aussi faire remonter le niveau des nappes souterraines ».
Interrogé sur l’utilisation des eaux usées pour la production d’eau potable et la réticence de certains agriculteurs à y avoir recours pour la production vivrière, M. Beebeejaun répond : « De temps à autre, il y a des problèmes techniques ainsi que des difficultés d’identification des sources de certaines pollutions après que cette eau est mélangée avec celle du réservoir. Au lieu de mettre cette eau traitée dans les nappes souterraines, ce que l’on fait actuellement dans le Nord, nous demandons aux agriculteurs d’accepter de l’utiliser pour l’irrigation des plantes. Nous les rassurerons sur la qualité de cette eau. »
S’agissant du comportement de certaines personnes, surtout dans le nord de l’île, qui déverseraient les eaux usées en provenance de leurs toilettes dans les puits, le Deputy Prime Minister a dit ne pas être au courant de la chose. « Maintenant que vous me l’avez dit, je vais voir. C’est inacceptable car ces eaux usées détruiront nos nappes souterraines ».
Répondant à une autre question de la presse, M. Beebeejaun a mis en garde les camionneurs qui sillonnent l’île à la recherche d’eau qu’ils vendent aux particuliers et à des hôtels en la faisant passer pour l’eau de la Central Water Authority (CWA). « Il n’y a aucune garantie en ce qui concerne la qualité de l’eau qu’ils vendent », souligne-t-il.