Après avoir eu recours à toutes les tentatives de conciliation, les enseignants spécialisés « écartés » d’un exercice de recrutement par la ministère de l’Éducation s’en remettent à la justice. Ils comptent loger une action en cour cette semaine en vue de geler l’exercice en cours.
Ils sont une cinquantaine d’enseignants travaillant dans des écoles spécialisées depuis de nombreuses années, mais qui ne sont pas admissibles au poste pour lequel ils se sont battus. Engagés par le ministère de l’Éducation dans la section primaire, ils ont accepté d’être seconded for duty dans des centres spécialisés. Selon ce principe, ils pouvaient être rappelés dans le mainstream à n’importe quel moment. C’est pour cela que lors des consultations du PRB 2008, ils ont demandé la création du poste d’enseignant spécialisé. Cette demande a été agréée.
Cependant, l’appel à candidatures pour ce nouveau poste précise que les candidats doivent détenir le SEN Diploma, formation dispensée par le Mauritius Institute of Education. Or, la majorité des enseignants seconded for duty ne détiennent pas de HSC et n’ont pu suivre cette formation. D’où le litige avec le ministère de l’Éducation. Ces enseignants s’estiment lésés car ils comptent de nombreuses années de pratique, mais ne sont pas admissibles, contrairement aux nouveaux diplômés.
Des tentatives de médiation auprès des instances de la PSC n’ont rien donné car le ministère de l’Éducation campe sur sa position. Une lettre a aussi été adressée au bureau du Premier ministre. « Le dernier recours pour nous demeure la justice. Nous voulions éviter d’en arriver là, mais nos différentes requêtes n’ont pas été prises en considération », dit le porte-parole des enseignants. Celui-ci explique que l’action visera à geler l’exercice de recrutement en cours. « Nous demanderons à ce que le poste soit re-advertise. »
Les enseignants seconded for duty s’interrogent sur plusieurs critères de l’exercice d’appel à candidatures. « L’une des recommandations est que les postulants doivent maîtriser la langue des signes et le braille. Je me demande si les nouveaux diplômés ont suffisamment d’expérience dans ce domaine, contrairement à nous. Certains d’entre nous pratiquent depuis 20 ans. »
Dans le même souffle, le porte-parole dit regretter que plusieurs activités aient été développées pour le mainstream et que les enfants handicapés sont marginalisés. « Il y a eu l’Enhancement Programme, le Summer School Programme et maintenant le Winter School Programme… Pourquoi n’a-t-on pas pris les enfants handicapés on board, puisque l’accent est mis sur le développement intégral et qu’il n’y a aucun examen ? »