Depuis le week-end dernier, les consultations entre le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’opposition Paul Bérenger, par l’intermédiaire de Rama Sithanen et d’Alan Ganoo, amorcent un stade crucial. C’est du moins ce qu’indiquent des milieux concernés en avançant que lors d’une éventuelle rencontre entre Navin Ramgoolam et Alan Ganoo à être fixée dans les prochaines heures, les contre-propositions de l’hôtel du gouvernement pourraient être transmises au leader du MMM.
En tout cas, cette étape, dont la confirmation n’était pas encore disponible à ce matin, a été précédée d’une série de rencontres depuis dimanche, d’abord un tête-à-tête d’une durée de plus d’une heure entre Rama Sithanen et Alan Ganoo suivi d’une série de contacts téléphoniques pour des précisions et également une longue séance de travail entre Navin Ramgoolam et Rama Sithanen au Prime Minister’s Office hier après-midi. Me Geoffrey Cox, l’un des conseils légaux du gouvernement, qui est actuellement à Maurice, se trouvait également dans l’enceinte du Treasury Building en marge de ces discussions sur la réforme électorale.
Les consultations politiques entre le gouvernement et l’opposition pourraient déboucher sur un nouveau rendez-vous imminent entre le Premier ministre et le deputy leader du MMM et envoyé spécial de Paul Bérenger sur le dossier de la réforme électorale. Des sources bien informées avançaient ce matin que la rencontre, qui pourrait servir de courroie de transmission des contre-propositions du Premier ministre au leader du MMM aussi bien que de ses réactions à la dernière proposition de l’opposition, pourrait intervenir à plus ou moins brève échéance.
Toutefois, au sein du MMM, l’on faisait comprendre dans la matinée suite aux dernières spéculations alimentant la place publique que « la rencontre envisagée n’a été ni reportée ni fixée même si elle pourrait se dérouler comme cela a été le cas mardi dernier ». Le principal intérêt de ces discussions entre Navin Ramgoolam et Alan Ganoo reste que le MMM sera en mesure de jauger la réaction officielle de l’hôtel du gouvernement suite aux propositions de réforme électorale de Paul Bérenger avec une Assemblée nationale comprenant 62 parlementaires élus selon la formule de First Past The Post, 20 autres sur la liste de représentation proportionnelle et huit autres à être désignés par les leaders politiques.
À ce stade, il se pourrait que les premières esquisses des contre-propositions de Navin Ramgoolam soient dévoilées simultanément au leader de l’opposition par l’intermédiaire d’Alan Ganoo. Des formules de réforme électorales, le consensus général est que l’élection des 62 députés sur la base des 20 circonscriptions à Maurice et une à Rodrigues sera maintenue.
Toutefois, du côté de l’hôtel du gouvernement, l’on s’interroge sur les autres volets de la formule d’élections en vue de constituer l’Assemblée nationale. « Des problèmes de stabilité peuvent surgir si le nombre de députés élus sur la base de la proportionnelle est trop élevé et si nous gardons le seuil de qualification pour le PR à 7,5 % », a fait comprendre au Mauricien Rama Sithanen après les différentes séances de discussions depuis dimanche. À ce stade, il s’est refusé à faire des commentaires publics sur les propositions de réforme en discussions.
« Mais au cours de ces contacts, j’ai eu l’occasion de faire part de mes réflexions et de proposer des pistes susceptibles de déboucher sur des consensus car je crois comprendre que ce soit du côté de Navin Ramgoolam ou de celui de Paul Bérenger, il y a le souhait de mettre en place un Non-Community Electoral System dans le respect de la Convention of Sharing en vue de s’assurer que toutes les composantes de la société soient représentées à l’Assemblée nationale », poursuit Rama Sithanen.
Dans la conjoncture, Rama Sithanen, agissant en tant que facilitateur de la réforme électorale, se propose à s’engager dans trois types d’exercice, en l’occurrence procéder à une évaluation sur la base de la méthodologie éprouvée des conséquences de l’adoption des propositions qui sont sur la table des discussions, une simulation mathématique des résultats des précédentes élections avec ces propositions et la soumission des propositions. « A table system is unfair and a fair system is unstable », rappelle-t-il sur la base des études entreprises sur les différents systèmes en vigueur dans le monde entier.
« Le tout est de trouver un compromis entre les six critères évoqués dans le rapport que j’avais soumis en début d’année tout en gardant en tête l’équation à maintenir, à savoir quelle stabilité et quelle équité dans le système électoral à adopter », devait-il ajouter. Et de rappeler avec force que « l’ultime décision au sujet de la réforme électorale revient à Navin Ramgoolam et à Paul Bérenger, qui détiennent la majorité à l’Assemblée nationale en vue de faire de la réforme électorale une réalité ».