Le Parti Action Libérale estime que le “White Paper” sur la réforme électorale est un « galimatchia. » Selon son leader, Lutchmeeparsad Ramsahok, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « arrangement entre Ramgoolam et Bérenger ». Et de se demander pourquoi le “Best Loser System” n’a pas été complètement éliminé tout en exprimant des réserves sur la représentation proportionnelle.
« Navin Ramgoolam est acculé à 100%. Il a chaussé les bottes de Bérenger pour présenter son “White Paper”. » C’est en ces termes que Lutchmeeparsad Ramsahok interprète les propositions du Premier ministre sur la réforme électorale.
Le leader du Parti Action Libéral (PAL) considère ainsi ce livre blanc comme « dangereux » pour la démocratie. « Cette réforme n’a pas été faite dans l’intérêt du public. Il s’agit tout simplement d’un arrangement entre Ramgoolam et Bérenger, tandis que le MSM se fait tout petit. Dans une telle conjoncture, je constate que nous allons vers une alliance Ptr-MMM. »
Lutchmeeparsad Ramsahok déplore le fait que le “Best Loser System” (BLS) n’ait pas été complètement éliminé, tout en relevant le « flou » qui subsiste sur la manière dont il sera appliqué. « On ne sait pas encore comment les candidats doivent se présenter aux élections. En tant que Mauricien ? Si tel est le cas, comment va-t-on appliquer le BLS ? »
Le leader de PAL exprime également ses réserves sur la Représentation Proportionnelle (RP) et estime que ce sont « les bailleurs de fonds du secteur privé et les yesmen des leaders qui seront sur cette liste ». D’où la raison, dit-il, pour laquelle la loi sur « l’anti-transfugisme » ne s’applique qu’à ceux qui seront nommés sur cette liste. « Pourquoi n’est-il pas venu avec une loi anti-transfuge pour tous les députés ? » se demande-t-il, tout en regrettant l’absence de mesures sur le financement des partis politiques. De même, il ne comprend pas pourquoi le redécoupage des circonscriptions se fera après les élections générales de 2015.
PAL considère ainsi « dangereux pour la démocratie que deux personnes soient en train de décider de l’avenir du pays ». Il prévoit qu’une fois la réforme adoptée par l’Assemblée, les deux leaders se plancheront sur le projet de deuxième République. « Et là, ils discuteront du partage des pouvoirs. Qui sera président et qui sera Premier ministre. »
Lutchmeeparsad Ramsahok se dit en faveur d’un système “First Past The Post” avec un élu supplémentaire par circonscription, incluant Rodrigues. « On augmenterait ainsi le nombre de députés de manière démocratique. »
Ce dernier a profité de l’occasion pour s’exprimer sur trois autres sujets d’actualité : la conversion des cartes d’identité, le permis à points et les Chagos. Sur le premier sujet, il considère qu’il s’agit d’un « gaspillage des fonds publics », tandis que sur le deuxième, il est d’avis que, d’ici deux ans, « 75% des conducteurs n’auront plus de permis tellement il y a de limites de vitesse différentes à chaque coin de rue ».
Enfin, concernant les Chagos, il est d’avis que la question de souveraineté n’est plus d’actualité. « C’est une perte de temps de se battre contre une grande puissance comme l’Amérique. Ils ne céderont jamais Diego, surtout après que la Russie ait pris possession de la Crimée, qui est une base militaire géante. Le mieux serait de négocier une compensation annuelle pour les Chagossiens. »