Les Verts Fraternels, par la voix de son porte-parole Sylvio Michel, proposent que le seuil pour avoir droit à un siège au parlement sous le système de la Représentation proportionnelle (PR), dans le cadre de la réforme électorale, soit fixé à 1%. Il déplore le fait qu’une partie de la réforme soit imposée par le Premier ministre et réclame que le Schedule (1) de la Constitution soit amendé pour l’élimination de la catégorisation communale de la population. C’était ce matin lors d’une conférence de presse à Port-Louis.
Estimant que le seuil de 1% de PR ne sera en aucune façon favorable à « la prolifération des partis sectaires tels que mentionné dans le Livre blanc », M. Michel affirme qu’il est plus réaliste qu’un candidat ait 8000 votes contre 80 000 votes sur les 800 000 électeurs que compte le pays pour une population de 1,3 million. « Okenn depite pann gayn 80 000 vot. Plis, zot gagn ziska 20 000 ou 25 000 », laisse-t-il entendre. « De plus, poursuit-il, les grands partis politiques mauriciens ont déjà des assises communales »
Selon lui, avec le seuil de 1%, le Best Loser System sera éliminé d’office et il n’y aurait alors pas lieu d’avoir une formule en remplacement du Best Loser System (BLS) pour rétablir le déséquilibre communal éventuel.
Pour éliminer le communalisme, il conviendrait, selon Sylvio Michel d’amender le Schedule (1) de la Constitution. Il demande au Premier ministre, Navin Ramgoolam de venir de l’avant avec cet amendement tout en soulignant que celui-ci pourra se faire seulement si 75% des députés votent pour. Or, constate-t-il, le gouvernement ne compte pas une majorité de 3/4. Les Verts fraternels proposent qu’il y ait les 60 députés élus selon le système First Past the Post et 20, sous la PR qui pourrait selon lui, constituer une opposition solide.
Cependant, il affirme que Les Verts à travers le monde sont en faveur de l’introduction d’un système fondé uniquement sur la PR. En ce sens, il déplore le fait que le Premier ministre ait imposé la première partie de la formule, le First Past the Post (FPTP) et que la réforme ne concerne pas la révision de la délimitation des circonscriptions. Il affirme que certaines circonscriptions ont une population deux fois plus importantes que d’autres. Les Verts fraternels déplorent aussi que le financement des partis politiques et le système de vote électronique ne soient pas mentionnés.
Sylvio Michel estime que chaque parti devrait se présenter seul aux élections et constituer des coalitions par la suite. Selon lui, depuis l’Indépendance, les partis politiques se sont toujours présentés aux élections générales en coalition, avec pour résultat une instabilité au sein des alliances. Il dit constater à présent une certaine instabilité au sein des partis en coalition. Selon lui, elle ne concerne pas l’opposition MMM/MSM mais aussi le gouvernement. « Il n’y a qu’à voir les banderoles du 1er-Mai. Le PMSD ne figure pas sur celles du gouvernement », affirme-t-il en estimant que cela en dit long sur la situation au sein du gouvernement. Il constate aussi qu’ « il y a une opposition parlementaire qui a un pied dans l’opposition et un autre dans le gouvernement ».
A une question du Mauricien sur la possibilité que Les Verts Fraternels se présentent aux prochaines législatives en coalition avec un autre parti, M. Michel affirme que : « nous avons un programme électoral. Si un parti est d’accord avec notre programme et est prêt à l’intégrer dans le sien et qu’il nous approche, nous ne fermerons pas nos portes ». Il cite l’exemple des élections générales de 2000 où le Mouvement Républicain avait rejoint le MMM et le MSM. « Sans nous, ils n’auraient pas été élus », affirme-t-il.
M. Michel a aussi abordé la question d’un manque d’enseignants du créole mauricien en Standard 3 et menace de faire un sit-in devant le centre Culturel Nelson Mandela à compter du lundi 28 avril si le père Philippe Fanchette ne quitte pas ses fonctions de président.