L ‘Association Progrès Développement du Sud (APDS), une organisation citoyenne fondée en décembre de l’année dernière, tient ce dimanche matin ses premières activités publiques. C’est à travers un tournoi de pétanque, qui se déroulera à l’ancienne Place de la Gare que l’association a choisi de se faire connaître, mais son secrétaire, M. Marco Alphonse, fait comprendre que « l’épanouissement à travers le sport ne sera qu’une des composantes de plusieurs combats que l’association compte mener pour sortir la région du Sud-Est d’un sous-développement qui dure depuis trop longtemps ».
« Il y a 25 ans de cela, c’était un Mahébourgeois, Jean-Claude Farla, qui était le champion national de natation et Mahébourg était alors la localité qui recensait le plus grand nombre de footballeurs dans le pays du calibre des Ned Charles, Quéland Tombé, Jacques Théo et Norman Fauzoo. Où en est-on de nos jours ? » s’interroge Marco Alphonse.
C’est en prenant conscience que Mahébourg n’avance pas et, au contraire, qu’il y a eu recul, affirme-t-il, « qu’une cinquantaine d’habitants (hommes, femmes, petits entrepreneurs) ont pris la résolution en décembre de se regrouper pour forcer le progrès ».
Sous l’impulsion de sa direction, l’APDS avec pour président Indiren Armoogum, un pêcheur professionnel et grand barreur, a déjà écrit au Premier ministre pour que ce dernier soit au courant des fléaux qui rongent Mahébourg : le chômage des jeunes ainsi que le problème de la consommation de drogues qui ont pris des proportions inquiétantes dans leur région.
Pas sur la même longueur d’onde que ceux qui s’opposent au projet de construction de l’hôtel des Currimjee auprès de la plage de à La-Cambuse, l’APDS soutient « ki pas capav met Kal à sak fwa » à tout projet de développement. Selon Marco Alphonse,  « s’il y a respect des normes de protection de l’environnement et s’il y a stricte surveillance de la part des autorités dans ce sens », les activités de cet hôtel peuvent être un début de solution à ces problèmes précités.
Cependant, le retard à rattraper est tel qu’il faudra que d’autres institutions opérant dans le sud-est du pays s’y mettent également. Le secrétaire de l’association fait remarquer au ministre des Finances, Pravind Jugnauth, jadis député de Rose-Belle/Vieux-Grand-Port, a maintes fois répété dans ses fréquents meetings que s’il revenait au pouvoir un jour, il réactiverait le projet de réouverture du port de Mahébourg. « Il faut le faire maintenant. Pourquoi ne pas y implanter aussi à côté un Smart City Tourist Port qui pourrait générer des milliers d’emplois également pour les résidents de Ville-Noire, de Beau-Vallon, Cité La-Chaux, Blue-Bay, Plaine-Magnien, Le-Bouchon et des environs ? » revendique le secrétaire de l’APDS.
L’association ne semble pas très impressionnée par l’engagement de leurs représentants à l’Assemblée nationale tous partis confondus. Pour l’heure, l’APDS ne leur a pas déclaré la guerre, déclare Marco Alphonse, « nous voulons proposer des projets viables et intéressants pour l’avancement de nos localités et de leurs résidents et nous voulons en discuter avec nos députés qui sont à même de pouvoir, ensuite, en être le relais auprès du gouvernement. Mais, s’il ne montrent pas d’intérêt et ne jouent pas le rôle qui devrait être le leur, ils devront, le moment venu, aux élections générales, rendre compte à quelque 15 000 électeurs ».
Est-ce une menace sur leur avenir à l’encontre des quatre députés concernés (deux MSM, un travailliste et un PMSD qui n’habitent pas la région ? Marco Alphonse rassure que non, mais, soutient-il, « comme l’Association Progrès Développement Sud croit aussi que les intérêts de soi sont mieux garantis que par les siens, elle s’est aussi fixé pour objectif de former et préparer des cadres capables qui souhaiteraient se porter candidats aux prochaines élections villageoises afin de s’assurer qu’ils aient, au sein des institutions, des gens plus proches des aspirations des résidents ».