L’insatisfaction est de mise du côté des syndicats de la National Transport Corporation (CNT), qui ont participé hier après-midi à une 5e réunion tripartite à la section conciliation et médiation du ministère du Travail portant sur les conditions de travail et autres droits des employés. Devant l’échec des discussions, qui tourneraient « en rond » selon le panel des syndicats de la corporation, les quatre associations syndicales réclament unanimement désormais la révocation du HR Manager de la CNT et que ce soit les ministres du Transport et du Travail, Nando Bodha et Soodesh Callichurn respectivement, qui président la prochaine réunion au ministère.
Les quatre associations syndicales de la CNT – soit la Transport Industry Workers Union (TIWU), la Transport Corporation Employees Union (TCEU), la National Transport Employees Union (NTCEU) et la Bus Industries & Traffic Officers Union (BITOU) – avaient sollicité le ministère du Travail pour que celui-ci tranche au sujet de plusieurs points de litiges entre la direction de la CNT et les syndicats. Parmi ces derniers : les droits des travailleurs, qui ne seraient pas respectés, conformément à l’Employment Rights Act; les uniformes, qui n’ont pas encore été livrés; le remboursement en totalité des frais de lunettes; l’allocation de local et sick leaves pour les Casual Workers aussitôt employés; le paiement en avance du “lump sum” aussitôt l’âge de 60 ans franchi; ou encore les overseas leaves, qui ont été remplacés par des vacation leaves. À ce propos, les syndicats s’opposent au fait que ces congés spéciaux doivent être pris pour une période totale de deux mois, soit un mois de congé payé et un autre mois de “leave without pay”. Pour le panel, l’employé devrait « avoir le choix » car cette nouvelle mesure laisserait  les employés dans une situation où ils ne percevront  pas de salaire pendant un mois.
Plusieurs réunions se sont succédé au cours de ces derniers mois à la section conciliation et médiation du ministère du Travail, présidée par un officier du ministère en présence des deux parties opposées, c’est-à-dire des représentants du panel syndical de la CNT et un cadre de la corporation, représentée la plupart du temps par le responsable des ressources humaines.
Au bout de cinq mois de négociations, la situation semble encore loin d’être clarifiée puisqu’à l’issue d’une cinquième réunion hier après-midi, tenue au 7e étage de la Victoria House, les syndicats n’ont pas caché leur déception, estimant que les négociations « n’avancent guère » tout en maintenant que la CNT « se doit de respecter les provisions de l’Employment Rights Act » au sujet des conditions de travail et les droits acquis des employés. Les syndicats déplorent en effet la manière de faire du HR Manager de la corporation, ayant le sentiment d’être « menés en bateau » par ce dernier. Les syndicats vont plus loin en dénonçant « le manque de bonne foi » de ce dernier, dont il réclame la révocation afin qu’il soit « remplacé par une personne compétente » maîtrisant, précisent-ils, le secteur du transport local.
Du coup, le panel des syndicats en appelle aux ministres du Transport et du Travail pour présider eux-mêmes la prochaine réunion de conciliation et de médiation, et ce afin de « rétablir l’ordre à la CNT » . Tout porte à croire qu’une mobilisation est en marche du côté des syndicats, qui envisagent de convoquer une assemblée générale des travailleurs afin que les employés décident eux-mêmes de la marche à suivre au cas où les deux ministres cités ne dirigeaient pas personnellement la prochaine réunion tripartite. Une pétition sera lancée dans ce contexte. Le panel de syndicats de la CNT tiendra par ailleurs une conférence de presse vendredi au centre social Marie Reine de la Paix.