À en croire les représentants des travailleurs et en particulier ceux de la Confédération des travailleurs du secteur privé, les relations sont loin d’être cordiales entre les syndicats et fédérations syndicales, et le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Shakeel Mohamed. Ils ont distribué des tracts aujourd’hui devant le bureau du ministre, l’accusant de ne pas, entre autres, tenir ses promesses et de laisser pourrir la situation dans le secteur du travail à Maurice.
« Nou tro res trankil. Si bann travayer pa bouze nanyen pa pou sanze ek lane 2012 pou ankor pli difisil pou tou bann travayer sa pei la », explique le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, pour justifier cette distribution de tracts à la mi-journée devant le bureau du ministre Shakeel Mohamed, à la Victoria House, Port-Louis.
« Minis Shakeel Mohamed koz zoli zoli koze fer boukou sarm travayer me aksyon zero », s’indigne le syndicaliste. « Minis di Travay inn fer boukou promes me ziska zordi nanyen », ajoute-t-il.
Ainsi, poursuit notre interlocuteur, Shakeel Mohamed a promis depuis avril dernier de faire apporter des amendements aux nouvelles lois du travail (Employment Relations Act et Employment Rights Act) afin de mieux protéger les travailleurs contre les décisions arbitraires de certains patrons. « Ziska zordi nanyen », tempête le syndicaliste. « O kontrer bann patron pe kontinie met travayer deor kuma zot anvi kan zot anvi », explique-t-il.
Reeaz Chuttoo affirme que cette année le nombre de licenciements, sans compensation, de délégués syndicaux et le nombre de litiges employeurs-employés ont considérablement augmenté. En augmentation également selon lui le « nomb de bann patron ki servi nouvo lalwa travay pou fer santaz ar travayer. San konte ki boukou ka finn rezete par minister Travay divan biro travay mem ».
De même, poursuit le syndicaliste, le ministère du Travail réfère les cas litigieux touchant au non-respect des droits légaux de travailleurs à la Cour industrielle avec tant de retard (souvent trois ans après, soutient-il) que ces cas sont rayés. « A koz fot minister travay, travayer pe perdi zot ka avan mem ki kala zieze. Seki ankouraz patron kontinie pa respekte drwa travayer », s’offusque Reeaz Chuttoo.
Le ministre avait en outre promis de faire obligation aux employeurs de remettre aux syndicats (là où les employés sont syndiqués) ou aux travailleurs (là où il n’y a pas de syndicats) une copie du Risk Assessment, afin que les travailleurs puissent faire un suivi des dispositions prises sur leur lieu de travail pour assurer leur santé et sécurité au travail. « Ziska zordi nanyen. O kontrer pli boukou travayer pe mor dan aksidan travay », s’indigne le syndicaliste.
Dans ce contexte, Reeaz Chuttoo souligne que le nombre d’inspections sur les sites de travail en 2011 ont diminué, passant de 3 000 à 100 seulement. « Minis pous larogans ziska dir ki li pa kapav met enn inspekter travay lor sak sit travay et de zour apre de travayer mor lor zot sit travay ! Kot proteksyon travayer, alor ? », se demande le syndicaliste.
« Le ministre Mohamed pousse le culot jusqu’à affirmer que ce sont les syndicats qui n’assument pas leurs responsabilités. La vérité c’est que c’est lui qui ne nous donne pas le soutien qu’il faut pour protéger les droits des travailleurs», explique Reeaz Chuttoo.
« De très nombreux syndicats et fédérations syndicales déplorent tout bas cette attitude désinvolte du ministre vis-à-vis des travailleurs, mais ils n’osent pas dénoncer ! Mais ils oublient que le ministre est tenu, de par les obligations que l’État mauricien a pris en ratifiant les conventions et traités internationaux, de soutenir les organisations des travailleurs qui sont des partenaires à part entière du gouvernement, pas juste le patronat », explique le syndicaliste. « C’est pour toutes ces raisons que nous invitons tous les syndicats et fédérations syndicales à se joindre à nous le 17 janvier prochain », lance Reeaz Chuttoo. « Nous devons tous faire une démonstration de force pour “réveiller” le ministre à ses devoirs vis-à-vis des 450 000 travailleurs de Maurice ! », conclut le syndicaliste.