Le petit dernier de Xavier est arrivé vendredi passé à 17 heures pas tout à fait pétantes, sans ravane ni soufflette. La mise bas a duré 1 heure et 45 minutes, sans péridurale ni forceps. Comme celle de ses aînés. En effet, nous avons eu droit à la même mascarade que les années précédentes et, en plus, elle nous a été servie, sur le même plateau. Mis à part quelques changements cosmétiques, la présentation du budget 2013 a manqué cruellement d’originalité. L’avant, le pendant et l’après étaient si prévisibles qu’aucun bookmaker n’aurait osé organiser des paris sachant la faillite inévitable. Il n’y avait que des bankers.
Comme tous les budgets, celui-ci contient de bonnes et de moins bonnes mesures. Les micros-trottoirs et autres interviews démontrent suffisamment bien que chacun a, quelque part,  trouvé son bonheur aussi bien que sa déception.  La population, dans sa maturité, savait que le Père Noël avait quelques soucis de trésorerie et qu’il méritait notre mansuétude. Là où le bât blesse, c’est la transformation de cet exercice pourtant si solennel en un vaudeville de bas étage par les parlementaires eux-mêmes. Certains d’entre eux étaient méconnaissables dans cette bouffonnerie. C’est à se demander si l’esprit d’Halloween ne hante pas toujours notre auguste assemblée. Ces rires affectés, ces raclements de gorge, ces applaudissements forcés, ces critiques vulgaires …bref, tous les éléments qui conduisent à la désespérance.  Nous sommes loin de ces élégantes joutes oratoires qu’a jadis connues ce même parlement. Le tact a disparu avec l’arrivée du tactile !
Et que dire de ces analyses post-budgétaires par nos dirigeants et aspirants dirigeants ? Entre les rodomontades des membres du gouvernement et les critiques pleurnichardes et stériles de l’opposition, il n’y a aucune destination en vue. La boussole s’affole devant cet effet yoyo incessant. Tantôt ce budget est élevé comme une fusée, tantôt il est descendu comme une fizet.   Si ce budget est, pour le gouvernement, porteur de tous les espoirs (novateur, humain, créateur de richesses) il est l’échec total au CPE, version opposition. Bérenger lui a attribué 3F (Fade, Frivole et Fizet) alors que Pravind Jugnauth a balancé le 4e (flop).
Maurice est devenue la république de la facilité : aucun effort pour sortir des sentiers battus. Le gouvernement fait du copier-coller pendant que l’opposition aboie sans pouvoir mordre, sachant que l’ennemi d’aujourd’hui pourrait, demain, devenir son maître.