Va-t-on vers un assainissement de l’environnement à Résidence Riche Terre ? C’est du moins ce qu’espèrent les habitants des appartements NHDC de la localité qui, après leur doléances dans les colonnes de Week-end la semaine dernière, ont été rassurés par le directeur de la NHDC lui-même, Gilles l’Entêté.
Outre les mesures temporaires qui sont actuellement en cours pour réduire le flot des eaux usées dans les cours d’une dizaine de familles, des travaux de reconstruction seront effectués au plus vite pour résoudre leur problème, notamment dû à une mauvaise construction du puits d’absorption et du raccordement aux ménages.
L’article paru dans d’édition de Week-End la semaine dernière a vite fait réagir la NHDC, également en présence de plusieurs plaintes des habitants de Résidence Riche Terre, qui déplorent les conditions dans lesquelles ils vivent depuis de nombreuses années. En effet, l’air y est irrespirable. Outre l’odeur putrescente, ces familles doivent patauger dans les eaux usées qui refoulent quotidiennement dans leur cour. Une situation qu’ils endurent depuis 2009 et qui s’est accentuée au fil des années en dépit des nombreuses doléances auprès des autorités.
Depuis le début de l’année, « plus de cinq personnes dans la localité », dont un enfant, sont décédées des suivies de maladies respiratoires, avancent les habitants du quartier. Le décès d’une quinquagénaire, Arlette Baptiste, des suites d’une infection pulmonaire à la mi-août, a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Nou pa kapav kontinyé res dan délo malpropre ki entoure nou lakaz. Zanfan, gran-dimoun pé malade, pé mort. Enn par enn nou pou allé. Zot (ndlr : la NHDC) bizin fer kikzoz », disent-ils.
Construction et raccordement mal faits
Déjà, depuis mardi dernier, des actions concrètes ont été enclenchées. Les officiers de la NHDC, dont son directeur Gilles L’Entêté ainsi qu’un inspecteur sanitaire, se sont rendus sur place pour un constat de visu de la situation. Conclusion : le puits d’absorption, mal aménagé, est arrivé à saturation. D’importants travaux devront être effectués pour que la situation s’assainisse à Résidence Riche Terre.
Des travaux qui nécessiteront l’aide du ministère du Logement à qui, selon Gilles l’Entêté, la demande a déjà été faite pour le financement des travaux. « C’est le pitching fill qui n’est pas bon. Il a été mal placé et se remplit trop vite, d’où les débordements. En sus de cela, le puits d’absorption lui-même a été mal construit », indique un préposé de la NHDC, qui explique qu’avec l’aval du ministère du Logement, l’actuel puits devra être démoli et un autre système mis en place.
En attendant, des mesures temporaires ont été prises pour faire baisser le niveau d’eaux usées dans les cours. Jeudi dernier, un deuxième exercice de pompage a eu lieu après celui de mardi. Selon la NHDC, au lieu d’une fois par semaine (une fois par mois selon les habitants, voire principalement quand des plaintes sont faites), le puits d’absorption sera vidé deux fois par semaine.
Cependant, pour les habitants de la localité, cette mesure, même si elle soulage quelque peu, n’est pas satisfaisante. « Zordi zot pompé, délo-la désann. Lendemain tanto, délo-la rémonté, parski nou tou servi toilettes, nou tou servi l’évier, nou tou servi salle de bains. Tout délo-la kot pou allé ? Li bizin rempli manhole lamem. Lerla délo-la déborde dans nou lakour », disent-ils. « Nous restons dans cette puanteur et cette atmosphère irrespirable, et pataugeons dans la matière fécale ».
Si les habitants de ce quartier redoutent les grosses pluies, ils craignent également l’arrivée de l’été. « Kan fer so ek sa l’odeur-la monter, népli koné kot pou allé. Manzé pas kapav cuit, pa kapav manzé », disent-ils. En espérant que leur énième doléance ne soit pas rangée au placard, quelques habitants prendront l’initiative d’organiser une semaine de nettoyage des cours car, afin de pouvoir marcher, ils ont dû mettre des briques ou autres objets ça et là dans les cours en guise de pont. Ce qui favorise la prolifération des moustiques, disent-ils.