Après l’article de Week-end la semaine dernière concernant le trouble occasionné dans nos eaux par le retour des jets ski, cette activité nautique continue de soulever de nouvelles vagues. Si certains – à l’instar de l’activiste rouge Jayraj Woochit, l’un des deux promoteurs, avec Mike Dookun, autre agent rouge, qui ont obtenu, les permis d’opération, ou encore la Tourism Authority (TA) – défendent la reprise de cette activité, arguant qu’elle vient pallier à un manque d’activités nautiques à Maurice et qu’elle s’effectue dans le respect des normes de sécurité, d’autres contestent la pratique de ce sport nautique qui a occasionné dans le passé des accidents mortels, et qui mettent à nouveau en danger la sécurité des nageurs et des plagistes. Au-delà de ce débat, plusieurs interrogations sont soulevées quant à la décision du ministère du Tourisme de relancer cette activité en catimini avec à la clé l’obtention de permis par des proches du pouvoir. Pour cause : les informations qui circulent à l’effet que d’autres permis, déjà approuvés par le Tourisme sont sur le point d’être alloués par la TA à deux autres promoteurs à Flic en Flac et Pointe Jérôme. Permis qui, une nouvelle fois, concernent des proches du pouvoir, dont parmi, un cadre au Tourisme, qui utiliserait un prête-nom. 
Les vagues de protestations s’accumulent autour du Jet ski. Pas seulement à Trou aux Biches où cette activité nautique a repris fin décembre après que deux opérateurs, en l’occurrence Jayraj Woochit et Mike Dookun, deux agents politiques rouges, aient obtenus leurs permis d’opération de la TA. Mais aussi dans d’autres régions de l’île, où cette activité devrait prochainement reprendre, deux autres promoteurs ayant déjà reçu l’accord du ministère du Tourisme en attendant les permis de la TA. Si d’un côté des contestataires évoquent le danger que représente cette activité qui a déjà occasionné plusieurs accidents en mer, dont un mort en 2005 à Trou d’Eau Douce, de l’autre ils avancent les nombreuses interrogations entourant la décision du ministère du Tourisme de revenir sur cette interdiction imposée il y a une dizaine d’années.
D’autant qu’outre les deux agents politiques rouges qui opèrent actuellement avec la bénédiction des autorités, la TA étudie en ce moment les dossiers de deux autres promoteurs, proches du pouvoir, avant d’octroyer dans les prochains jours les permis d’opération. Ces promoteurs, notamment Yenba Enterprises Co. Ltd et Sportcraft Entreprises Ltd devraient, selon les dispositions prises par le ministère du Tourisme, opérer leurs jets ski à Flic en Flac et à Pointe Jerôme.
De nouveaux règlements décidés demain
Ce que confirme le directeur de la TA, Niven Muneesamy, même s’il n’a pas souhaité révéler les noms des promoteurs, indiquant qu’à ce stade, les dossiers sont à l’étude. Il fait ressortir que « la reprise de cette activité, contestée, cadre avec la politique du ministère du Tourisme de diversifier le produit Maurice. D’où les instructions à la TA d »entertain » les demandes pour quatre endroits. » Et de faire ressortir que cette reprise est effectuée sur une base pilote.»
Cependant, comme l’ont signalé les observateurs, cette base pilote est pour l’heure indéfinie. Certains parlent de cinq ans, d’autres parlent d’une base annuelle. Jayraj Woochit laisse entendre que « c’est comme pour les autres licences, nous allons faire notre renouvellement chaque année. » Le directeur de la TA indique pour sa part que « nous devons considérer les faiblesses et les forces de cette activité avant de décider et renforcer les conditions et règlements attachés à la pratique du jet ski. » Or, selon nos informations, de nouvelles décisions à cet effet devraient être prises demain, lors d’une réunion spéciale avec les opérateurs à la TA. Cependant, d’autres opérateurs font remarquer que « après la mort, la tisane. Dans le passé, avant que la TA n’accorde un permis pour une activité nautique, l’organisme effectuait une étude, comme ça a été le cas  pour la région de Rivière-Noire/ Le Morne. Comment dans le cas des autres opérateurs dans d’autres régions cela n’a pas été de mise? »
Lettre de contestation dans l’Ouest
En effet, comme pour Trou aux Biches, la TA qui a identifié Pointe Jérôme et Flic en Flac pour la reprise du jet ski hors lagon, n’a, selon nos informations, pas encore conduit d’étude de risques dans ces endroits à danger potentiel pour ceux qui fréquentent la mer. Du côté de Rivière Noire, des voix se sont élevées et une lettre de contestation a été envoyée à l’organisme d’état. Pêcheurs, plaisanciers, opérateurs de sports nautiques, hôteliers et habitants de la région se sont regroupés pour réclamer que les eaux de Rivière Noire, Tamarin, Le Morne, demeurent tranquilles, sans les jets-skis qui viendraient non seulement troubler le lagon, mais faire croître les risques de collision avec les plongeurs, et provoquerait des interférences en ce qu’il s’agit de l’activité Dolphin Watching.
Cette démarche a été effectuée suivant les informations des habitants de Rivière Noire qu’un des prochains opérateurs, de jets ski, dans l’attente de son permis d’opération pour Flic en Flac, lorgne aussi la région de Rivière-Noire/Le Morne. Refusant que leur tranquillité soit perturbée par des jets skis, ces contestataires ont ainsi fait connaître, depuis décembre dernier, leur opposition à la reprise du jet ski dans les eaux dans la région ouest.
Cependant, force est de constater qu’en dépit des voix qui s’élèvent, le ministère du Tourisme a déjà donné son aval pour deux autres opérateurs de jets ski qui ont effectué leur demande en juillet 2013. Cela, même si l’une de ces entreprises aurait été impliqué dans l’accident mortel du lagon de Trou d’Eau Douce. Énumérant les conditions rattachées à la « pleasure craft licence to operate jet ski outside lagoon specifically » délivrée aux opérateurs, Niven Muneesamy, s’appuyant sur les règlements stipulés dans le Tourism Authority Act pour assurer la sécurité des  baigneurs, rappelle que la pratique du jet ski n’est autorisée qu’en dehors du lagon, en dehors de toute zone marine et des Port areas. De même, précise-t-il, le jet ski ne doit pas être pratiqué « within a radius of 1 km from any fish Aggregating Device; within a radius of 100 metres from any dive site,; at a speed other than what is reasonable and safe which will enable enough reaction time to stop within a clear distance ; in a circular course around any other boat engaged in fishing area as it falls under the public domain. » De son côté, sur sa page Facebook, le ministre du Tourisme défend cette activité, soutenant que « Jet ski exists around the world. Local people and tourists can enjoy Jet ski in Maldives, Seychelles, Sri Lanka, Dubai, Miami, Australia, etc… Tour operators from abroad sometimes requests us that we should come with more activities in Mauritius. Jet ski is back in Mauritius as a pilot basis and SHOULD BE PRACTISED OUTSIDE THE LAGOON ONLY. Jet ski was being practised INSIDE THE LAGOON in the past which was dangerous. I have asked the relevant authorities to take appropriate actions if need be. »
D’autres opérateurs qui ont effectué des demandes et ont subi des refus, s’insurgent de cette politique de deux poids, deux mesures du ministère du Tourisme.  D’autant que selon eux, le ministre du Tourisme a lui-même induit la population et le Parlement en erreur, en décembre dernier, en réponse à une question du député mauve Kavi Ramano autour des permis de jets ski et de seakart, il devait affirmer « so far no licence has been issued ». Qui plus est, il devait soutenir n’avoir reçu aucune protestation concernant la reprise du jet ski ou encore l’exploitation de la franchise seakart .
Soutenant  principalement qu’en ce qui concerne le jet ski, l’activité se pratique hors lagon, les autorités font ressortir que « nous devons proposer de nouveaux produits pour attirer davantage de touristes. » S’ils reconnaissent que la diversification du produit nautique mauricien est essentielle à notre tourisme, les observateurs notent que ce sont les proches du pouvoir qui sont toujours les premiers informés de la reprise des activités et les premiers bénéficiaires des permis d’opération. Ils avancent néanmoins qu’au delà de tout, c’est la sécurité qui doit primer car l’impact négatif d’accidents mortels sur la destination est inversement proportionnel à la pratique de l’activité. « Et le jet-ski est une activité dangereuse car pratiquée sans moniteur et souvent par des casse-cous peu soucieux des autres, ceux faisant la plongée ou la nage. » Ils affirment que des accidents sont inévitables et espèrent que les compagnies exploitant le jet ski sont adéquatement assurées. Une donne que les autorités doivent à tout prix vérifier…