C’est en 4e vitesse que Jérôme Poivey et Mustapha Berraf ont dévalé les escaliers de trois étages où se trouve le ministère de la Jeunesse et des Sports à l’Emmanuel Anquetil Building vers 17h15 vendredi. Un départ en vitesse pour deux raisons: primo les deux émissaires du Comité International Olympique avait un avion à prendre et secundo ils voulaient absolument éviter la presse. C’est donc dans le plus grand des secrets que s’est déroulée cette réunion entre les deux émissaires du CIO et de l’ACNOA en compagnie du ministre Devanand Ritoo, son conseiller légal, Me Yvan Jean-Louis du State Law Office et Ram Lollchand.
Cette réunion devait même débuter dans des conditions plus ou moins perturbées avec la décision du ministre Ritoo de ne pas accéder à la demande de Jérôme Poivey pour que le président et le SG du COM, Philippe Hao Tyn Voon et Vivian Gungaram (voir plus loin)  d’être présents à cette réunion. C’est donc avec l’Algérien et le Français que les discussions ont été ouvertes selon un agenda qui n’était pas fixé au départ entre les parties concernées. Mais il était nullement besoin d’être devin pour savoir que le Sports Act et l’organisation des élections au sein du Comité Olympique Maurice allaient être à l’agenda.
Mais de quoi ont-ils  discuté? Motus et bouche cousue comme en septembre dernier au terme d’un accord entre les deux parties. «Je crois que ce ne serait pas bien de communiquer sur cette réunion», nous a confié le ministre vendredi vers 17h30. Malgré notre insistance et aussi le fait que Week-End attendait dans les couloirs du MJS depuis 15h, le ministre n’a rien, absolument rien voulu savoir. Même hier soir lorsque nous avons évoqué cette réunion avec lui après avoir parlé de natation, Devanand Ritoo a diplomatiquement coupé court à la discussion.
Mais de quoi pouvaient-ils finalement discuter si ce n’est sur les amendements du Sports Act et de la démarche des deux émissaires d’imposer au MJS la reconnaissance des cinq fédérations que le Juge Domah a déclaré illégales en vertu du Sports Act. Cependant on ne s’est pas contenté de ce mutisme et nous avons pu être témoin d’une discussion assez ardue entre Jérôme Poivey, Mustapha Berraf et Ram Lollchand dans les couloirs du MJS (notre photo).
Le moins qu’on puisse dire, les deux émissaires du CIO ne faisait pas de cadeau ni de fleur au directeur adjoint des Sports. On a même entendu Mustapha Berraf poser la question suivante à Ram Lollchand: «vous voulez que votre ministre reçoit une lettre de M. Rogge (ndlr: président du CIO) pour dire de faire ceci, ceci et ceci? Nous, on peut le faire dès lundi si vous voulez.» Des propos soutenus par Jérôme Poivey et malgré les explications de Ram Lollchand que le calendrier des amendements de la loi n’est pas du ressort du ministre Ritoo et qu’avant de circuler les amendements qui seront effectués dans la loi,  il faut avoir de prime abord, l’aval du conseil des ministres, ils n’ont rien voulu savoir.
Nul besoin de tourner en rond pour savoir que le Sports Act reste le centre des préoccupations de Jérôme Poivey et de Mustapha Berraf qui veulent prendre connaissance des amendements avant qu’ils soient portés devant l’Assemblée Nationale.
Sauf que nous croyons savoir que le processus d’amendement à la loi est en cour et que le fait que le MJS et le CIO sont en discussions depuis l’année dernière sur ce dossier «ne remet pas en cause la bonne foi du MJS. Ce processus ne prendra pas fin avant six mois. Alors que sur la question des cinq nouvelles fédérations, la démarche du MJS serait de laisser la justice suivre son cours. «Un ministre de la République ne peut aller contre un jugement de la Cour suprême», nous a-t-on néanmoins fait comprendre dans l’entourage de Devanand Ritoo.
Et le CIO dans tout cela dont la visite à Maurice peut être considéré comme un «échec» pour n’avoir pas pu ramener tout le monde à la raison? Nos informations veulent faire croire que d’ici mardi, un communiqué genre  feuille de route pourrait être émis pour dire au COM son agenda avant l’organisation de l’assemblée générale élective, qui pourrait intervenir entre sept à huit mois.