Une réunion de concertation nationale sur le Protocole de la SADC sur le genre et le développement (PSGD) post-2015 a eu lieu mercredi au Gold Crest Hotel. Cette consultation a été organisée par la SADC Gender Protocol Alliance sous l’égide de la Media Watch Organisation et de Gender Links. Adopté en 2008, le PSGD est un instrument subrégional unique qui rassemble les objectifs africains et globaux sur l’égalité des genres et les enrichit à travers des objectifs et des échéances précis. Aligné initialement sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui ont expiré en 2015, le PSGD comprend 28 buts qui vont au-delà de ces exigences minimales.
Cette rencontre de mercredi a regroupé des représentants de différents ministères, du bureau de l’Attorney General, de la police, du conseil des religions, de l’AIDS Unit, de l’Ombusperson for Children, de la Mauritius Family Planning Welfare Association, des non-state actors, d’I.P.S, des médias et des Ong, ainsi que des organisations représentant les groupes vulnérables. Aurore Perraud, ministre de l’Égalité des genres, devait procéder à l’ouverture de cette rencontre. Elle s’est toutefois excusée pour cause de maladie. La ministre de l’Égalité des genres n’a délégué personne de son ministère pour assister à cette rencontre de haut niveau. Il est prévu qu’Aurore Perraud représente Maurice lors de la réunion des ministres de l’Égalité des Genres de la SADC les 20 et 22 juin prochains.
Comme 2015 était l’année d’expiration des 28 dispositions du PSGD, l’UN Women, la SADC Gender Unit et les chefs d’État des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe sont tombés d’accord pour réviser ce protocole. Ce faisant, ils visent à aligner ses dispositions sur les 17 Objectifs du développement durable (ODD), venus remplacer les OMD, qui ont expiré en 2015. Il a même été convenu que ce document s’accompagne d’un cadre de monitorage, d’évaluation et de résultats.
La SADC Gender Protocol Alliance regroupe des organisations d’activistes du genre des 15 pays de la SADC et est à la base de la signature du PSGD en 2008, ainsi que de sa ratification par 13 des 15 pays de ce bloc économique et social. L’engagement a été pris par cette alliance de faire chaque pays revoir, à la lumière de son contexte local, les dispositions de ce document phare, qui contient toutes les déclarations internationales ayant trait à l’égalité du genre. Jusqu’ici, seuls le Botswana et Maurice n’ont pas signé le PSGD de 2008. Le premier trouve son vocabulaire trop contraignant et ses délais d’application trop courts. Maurice estime pour sa part que la discrimination positive est contraire à sa Constitution, qui interdit la discrimination sur la base du sexe, de l’âge, du groupe ethnique et de la religion.
Mais bien que Maurice n’ait pas signé ce document, le pays applique la majorité de ces dispositions. Les domaines où un recul a été enregistré sont la représentation des femmes en politique, le mariage et les grossesses précoces ainsi que la réduction des risques de contamination au VIH/Sida.