La magistrate Adila Hamuth a indiqué dans son jugement, ce matin en cour correctionnelle de Port-Louis, qu’elle rejette la motion formulée par Me Yahia Nazroo, contestant l’émission de mandats d’arrêt contre sa cliente, Nandanee Soornack. La magistrate a toutefois tenu à préciser que ces mandats d’arrêt ne peuvent être exécutés qu’à Maurice.
Nandanee Soornack, arrêtée en Italie le jeudi 16 avril avant d’être assignée à résidence après avoir été traduite en cour de justice de Parme, fait toujours face à trois mandats d’arrêt, émis pour des délits de blanchiment d’argent et complot allégué dans l’affaire Roches-Noires. Siégeant en cour correctionnelle de Port-Louis, la magistrate Adila Hamuth a indiqué ce matin que les mandats d’arrêt émis contre Nandanee Soornack « ne devraient pas être révoqués à ce stade ». Elle devait toutefois préciser, dans l’énoncé de son ruling, que les mandats d’arrêt émis par la cour de district peuvent être exécutés uniquement à Maurice et non à l’étranger. La magistrate a indiqué qu’à ce stade, elle ne peut « user de son influence pour soutenir qu’il y a eu un abus de procédures par la police ». Elle a rappelé que l’émission de ces mandats d’arrêt a été faite suivant les dispositions de la loi sous l’article 4 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act de 1888. Se prononçant sur les procédures enclenchées pour extrader Nandanee Soornack, la magistrate Adila Hamuth a tenu à préciser qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre l’Italie et Maurice. Elle a ajouté par ailleurs que la seule information recueillie à ce jour est que Nandanee Soornack a quitté Maurice le 11 décembre dernier et qu’il n’y a, jusqu’à l’heure, aucune indication sur sa date de retour.
Nandanee Soornack, qui se retrouve assignée à résidence en Italie, use de tous les stratagèmes possibles afin de pouvoir se sortir du calvaire dans lequel elle s’est empêtrée. Dans le courant de la semaine, elle aurait tenté d’obtenir une attestation du Parti Travailliste, pour confirmer qu’elle a été une activiste rouge en vue d’obtenir l’asile politique. Le président du PTr, Patrick Assirvaden, a confirmé que le parti avait reçu cette lettre d’attestation et a soutenu que la demande de Nandanee Soornack a été rejetée. Cependant, un des avocats de la femme d’affaires, Me Raj Boodhoo, a indiqué que Nandanee Soornack a effectivement contacté le Parti Travailliste, mais nie avoir demandé l’asile politique.