Le ministre des Finances, Pravind Jug-nauth, qui est en déplacement à Rodrigues dans le cadre des consultations prébudgétaires, est revenu sur les conséquences du Brexit sur l’économie mauricienne. Il a confirmé que des effets se feront sentir et que tout dépendra dans une grande mesure de l’accord qui sera négocié entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne.
Au chapitre des discussions sur le budget, le Grand Argentier a fait appel à la responsabilité de tout un chacun pour éviter le gaspillage dans la conjoncture tout en exprimant le souhait que les ressources financières et budgétaires mises à la disposition de l’Assemblée régionale de Rodrigues soient utilisées pour créer un climat d’affaires propice au développement des activités économiques dans l’île.
Lors des différentes séances de travail, les stakeholders, que ce soit les opérateurs économiques ou les représentants de la société citoyenne, ont fait part de leurs préoccupations, allant du projet d’installation d’un câble optique pour désenclaver Rodrigues, l’infrastructure portuaire, la desserte maritime interîles et l’éducation.
« Le fait demeure que la Grande-Bretagne a pris la décision de se retirer de l’Union européenne. Londres doit négocier un nouvel accord avec Bruxelles. Ki sa lakor-là pou été, nou pa koné asterla. Mais déjà, nous constatons qu’une incertitude prévaut et que cette incertitude se traduit par des effets négatifs au niveau des échanges avec la Grande-Bretagne. Evidaman, Brexit pou ena ene lefe lor nou osi. Mais tout dépendra de l’accord qui sera conclu avec la Grande-Bretagne », a déclaré le ministre des Finances.
 En préambule aux échanges de la journée d’hier avec le ministre des Finances, le chef commissaire à l’Assemblée régionale de Rodrigues, Serge Clair, a indiqué que tout développement doit se faire dans la transparence et dépouillé de tout soupçon de corruption. « Le gouvernement se doit d’adopter et de pratiquer une politique des îles. Il est encore plus important de respecter les spécificités de Rodrigues », s’est-il appesanti en substance.
 Avant d’entrer dans le vif du sujet, le Grand Argentier a déclaré qu’il est à l’écoute des Rodriguais. « Bizin konn servi larzan bidze. Fodé pas éna gaspiyaz. Je dois dire qu’au fil des années, Rodrigues a bénéficié des dotations budgétaires et que l’Assemblée régionale a su répondre aux aspirations légitimes des Rodriguais », a-t-il déclaré. Il a fait preuve de réserves en matière d’annonces et de promesses prébudgétaires.
 « Au sujet du projet de câble optique, j’ai l’impression que certains sont venus vendre un rêve aux Rodriguais. Mwa mo pa pou dir. Mo pou fer », a déclaré Pravind Jugnauth comme pour donner le ton quand il a été interpellé par l’assistance au sujet des développements sur ce projet stratégique pour replacer Rodrigues sur la carte économique. Quand même, il a annoncé aux Rodriguais que pour bénéficier du coût du billet d’avion à Rs 5 500, le délai pour la réservation, qui était de 15 jours jusqu’ici, sera écourté à sept jours.
 En fin de journée, après la séance de travail avec le chef commissaire et les commissaires, le ministre des Finances a laissé entendre que le prochain budget contiendra des « mesures additionnelles en faveur de Rodrigues ». « Nou bizin guet developma Rodrigues dans le long terme. Les projets de développement ne manquent pas. Mais il nous faut établir la liste des priorités de concert avec l’Assemblée régionale », a-t-il déclaré.
 Le cabotage interîles demeure un des soucis d’envergure du Rodriguais, surtout depuis le retrait définitif du Mauritius Pride. En vue de résoudre le problème aigu de disponibilité de places à bord du bateau assurant la desserte Maurice-Rodrigues-Maurice, les Rodriguais plaident pour l’acquisition d’un ferry. L’infrastructure portuaire est également à l’agenda des discussions, le dossier ayant été évoqué hier après-midi lors d’une réunion de travail entre la délégation, dirigée par Pravind Jugnauth, et les commissaires de l’Assemblée régionale de Rodrigues, dont le chef commissaire.
 Le dossier de l’éducation a aussi été abordé lors de la réunion du matin. Des participants, dont le révérend Eric Luximon, du diocèse anglican et manager de collège, ont fait un vibrant plaidoyer pour un meilleur encadrement de la jeunesse, que ce soit sur le plan psychologique ou social.