L’ultime étape dans la série d’interrogatoires des suspects dans le meurtre de Barthélemy Azie, commis le 1er août 1999 à Montagne Malgache, s’annonce délicate. En effet, Joseph Mario Ravina, alias baby, âgé de 38 ans, pêcheur de son état, soupçonné d’avoir porté le coup fatal à la victime, n’a pas encore été interrogé formellement avec sa déposition enregistrée sous caméra. D’autre part, avec le retour à Maurice du Chief Investigating Officer, l’inspecteur Rajesh Moorghen, pour des raisons familiales, le dossier a été soumis à une escouade d’enquêteurs menée par le chef inspecteur Kistoo. Mais des policiers faisant partie de cette équipe sont contestés pour des raisons de conflits d’intérêts vu que leurs noms ont été cités dans cette affaire non élucidée pendant 14 ans.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que le principal protagoniste dans le meurtre de Barthélemy Azie, Baby Ravina, conteste les policiers choisis pour son interrogatoire en l’absence de l’inspecteur Moorghen. Il aurait fait comprendre qu’il ne serait disposé à faire des aveux et même d’autres révélations dans cette affaire qu’en présence de l’inspecteur Moorghen et nul autre officier de police.
L’urgence de cette séance d’interrogatoire dans cette enquête policière, qui a démarré il y a bientôt six semaines, s’explique par le fait que le suspect devra comparaître devant le tribunal de Port-Mathurin demain avant son renvoi en détention à la prison de Pointe-La-Gueule. Une autre difficulté, qui a surgi « at this late hour », est que la nouvelle équipe d’enquêteurs doit maîtriser en moins de 24 heures un dossier comprenant pas moins de 700 pages pour mener à bien cet interrogatoire crucial.
En privé, ces policiers ne se cachent pour soutenir que « we are at a loss with this case » et que les demandes d’aide auprès des membres de l’équipe Moorghen ont été vaines. « Pou bizin sonn inspekter Moorghen », a-t-on fait comprendre à ces officiers de police, qui ne savent plus à quel saint se vouer dans la conjoncture pour conclure l’étape des interrogatoires.
De son côté, l’inspecteur Moorghen est rentré à Maurice d’urgence pour des raisons familiales. En effet, sa fille aurait fait une chute au collège nécessitant une intervention chirurgicale. Il déclaré avoir eu à faire les frais de ce déplacement car une demande auprès des Police Headquarters pour un billet d’avion à cet effet n’a pas été entretenue officiellement. Il conteste cette absence de décision de la part du commissaire de police. Ce n’est que ce matin qu’il a pu obtenir une place sur l’avion à destination de Maurice.
Cette enquête policière visant à faire la lumière sur les circonstances d’un meurtre commis il y a 14 ans continue à susciter la controverse dans l’île. Après l’épisode de la déposition de Simon Azie, le père de la victime, avec des allégations de Neglect of Duty contre des officiers de police, dont deux titulaires au poste de commissaire de police, la présence de deux officiers dans la nouvelle équipe est contestée. L’entourage de l’inspecteur Moorghen ajoute que leurs noms sont cités dans cette enquête et qu’il pourrait y avoir de conflit d’intérêts.
Affaire à suivre.