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La police veut établir à qui étaient destinés les 1,6 kg d’héroïne de Rs 24,7 M saisis la semaine dernière dans un colis en provenance du Mozambique, en transit à Johannesburg en Afrique du Sud. Lors d’une opération de « controlled delivery » vendredi soir, les éléments de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) ont arrêté Marc Bryan André (39 ans) et Steve Anthony Babet (29 ans), deux habitants de Roche-Bois venus prendre possession du colis. Mais, les Casernes centrales estiment qu’ils ne sont pas le commanditaire de cette drogue, dont l’importation pourrait bien avoir été planifiée en prison.

Même si les suspects n’ont rien révélé au QG de l’ADSU durant le week-end, les hommes du DCP Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima sont sur la piste des proches d’un trafiquant de drogue, qui est lui incarcéré. Entre-temps, les enquêteurs ont sollicité l’aide des autorités mozambicaine et sud-africaine pour obtenir des informations sur le destinataire de cette drogue.

C’est dans la soirée du mercredi 22 novembre qu’un colis en provenance du Mozambique a atterri à Maurice sur le vol SA 190 en provenance de Johannesburg, Afrique du Sud. Les éléments de la Customs Anti Narcotics Section (CANS) de la Mauritius Revenue Authority (MRA) ont noté la présence de tampons mozambicains sur le paquet. Ce qui laisse présager que la boîte en carton a été expédiée de Maputo. Elle était adressée à Marc Bryan André, qui n’est pas un inconnu de la police. Ce dernier était sous surveillance de l’ADSU depuis bien longtemps pour ses activités douteuses, et sa proximité avec des proches d’un trafiquant de drogue. Le colis de drogue est resté dans l’entrepôt d’une société de courrier pendant deux jours avant que les douaniers ne le passent au scanner. Outre le fait que la boîte provient d’un « high-risk country », la CANS était stupéfiée en notant les inscriptions « wheat » sur le colis. Elle était confiante qu’il n’y avait pas de farine à l’intérieur.

En l’ouvrant, ils sont tombés sur deux sachets de poudre blanche (Y powder), et deux vases à fleur. Un rapide examen a confirmé qu’il s’agissait d’héroïne. L’ADSU a été informée et une opération de livraison contrôlée a été montée vendredi, la police ayant substitué le colis original par un faux. Au cours de cet exercice, Marc Bryan André et Steve Anthony Babet sont venus prendre possession de la drogue. Ils ont été arrêtés sur le champ et conduits aux Casernes centrales pour leur interrogatoire où ils n’ont rien révélé sur cette importation de drogue. Ils devaient être traduits en justice ce lundi sous une inculpation provisoire d’importation d’héroïne. La police n’a rien trouvé de compromettant lors d’une fouille chez eux.

Entre-temps, l’ADSU a sollicité l’aide des autorités mozambicaines et sud-africaines pour remonter jusqu’au commanditaire. Les enquêteurs ont appris que deux colis similaires ont été expédiés de Maputo, l’un contenant de l’héroïne et l’autre ne renfermant rien de compromettant. Sauf que celui contenant de la drogue était destiné à un habitant fictif de Montagne-Longue, alors que l’autre boîte avait le nom de Marc Bryan André dessus. Les limiers estiment que le commanditaire a tenté de détourner l’attention des autorités avec une chance sur deux que les éléments du CANS fouillent que le colis « normal », et laissent passer l’autre sans problème.

Les soupçons des Casernes centrales se tournent vers un trafiquant de drogue des Plaines-Wilhems, dont un membre de sa famille a repris les activités depuis son incarcération. Faute de preuve, cette dernière n’a pas été inquiétée jusqu’ici. D’ailleurs, la proximité du suspect Bryan André avec les membres de cette famille n’est pas inconnue de la police. La police a saisi son cellulaire et compte solliciter un ordre judiciaire pour passer au crible les appels et messages échangés ces derniers jours. En attendant d’autres développements dans cette affaire, l’interrogatoire des deux suspects reprendra cette semaine.