L’ancien président de la République, sir Anerood Jugnauth, estime que le dénouement de l’affaire Michaela Harte, dont le jugement a été rendu en Cour d’Assises cette semaine, est venu ternir la réputation du pays. Intervenant hier lors d’une conférence de presse du Remake de l’alliance MSM-MMM de 2000, sir Anerood trouve que le jugement rendu vient mettre en exergue les « faiblesses » de la police. Alors que les autorités annoncent la réouverture de l’enquête dans cette affaire, l’ancien président de la République souhaite que l’on parvienne, cette fois, à mettre la main sur le(s) coupable(s). Sir Anerood a indiqué, par ailleurs, son opposition à une présidence de la République avec pleins pouvoirs. Pour lui, un tel régime s’apparenterait à de la dictature. « Ramgoolam peut continuer de rêver ! », dit-il, estimant que les Mauriciens n’accepteraient pas un président avec pleins pouvoirs.
« Le Remake de 2000 est bien vivant et il est appelé, avec le temps, à prendre encore plus de vigueur », répète, de nouveau, sir Anerood Jugnauth. Alors que, dit-il, certains estiment que l’avenir joue en faveur de Navin Ramgoolam, l’ancien président de la République trouve qu’avec les « scandales » qui se succèdent, le « règne des jouisseurs » et la détérioration du maintien de l’ordre et de la paix, c’est le contraire qui est vrai. « Navin Ramgoolam, qui n’a pas de vision et qui ne pense qu’à manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir, ne pourra rectifier le tir », trouve-t-il.
Selon lui, alors que le pays ne fera que « couler », la population tournera de plus en plus le dos au gouvernement. Prenant pour exemple le sort qui avait été réservé dans le passé à sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Anerood Jugnauth rappelle comment le père de l’indépendance lui aurait confié, alors que SSR était gouverneur général et lui-même, Premier ministre, que ce serait le « malheur » du pays que son fils, Navin, s’engage un jour en politique. Pour SAJ, plus tôt se tiendront les élections générales, mieux se sera pour le pays.
Au chapitre des « scandales », sir Anerood aborde d’abord celui du hedging à Air Mauritius. Il affirme que sous son primeministership entre 1982 et 1995, la compagnie nationale d’aviation avait connu une telle transformation qu’elle était devenue la deuxième meilleure compagnie aérienne d’Afrique, derrière la South African Airways (SAA). Pour lui, le « principal responsable » de la débâcle d’Air Mauritius est Navin Ramgoolam en personne. Il souligne que la faillite de la compagnie est telle qu’aujourd’hui, la vente d’une partie de ses actifs – le Paille-en-Queue Court et l’hôtel Cotton Bay de Rodrigues, entre autres – est envisagée.
Dénonciation, également, des Rs 5 milliards « jetés » avec la désastreuse opération de hedging à la State Trading Corporation (STC). L’ancien président de la République prend pour cible la même « clique » qui serait, estime-t-il, derrière le projet Betamax ou celui de stockage du gaz ménager dans le port. Il dénonce, de même, l’affaire de l’achat de licences Microsoft, au coût de Rs 250 millions, qui se sont par la suite révélées « inutiles ». Sir Anerood évoque aussi les « gaspillages » sur les projets de tout-à-l’égout et de construction de routes.