Malgré la chute considérable de la température, ces derniers jours, un plan hivernal pour les sans-abri, voire des familles en situation de précarité, n’est pas d’actualité. Si un plan du genre, qui consiste à pourvoir un hébergement et un repas chaud aux sans-abri dans des espaces aménagés à cet effet pour leur éviter la mort à cause du froid, est une pratique ancrée en France, par exemple, tel n’est pas encore le cas à Maurice. Même si la présence régulière d’anti-cyclones dans la région a provoqué des semaines glaciales, la mise en oeuvre d’un plan d’hébergement national n’est pas à l’ordre du jour.
Pourtant, les sans-abri sont encore plus vulnérables en hiver. Certains ont même été retrouvés morts. “Je n’irai pas jusqu’à dire qu’un sans-abri risque de mourir de froid. Mais le système immunitaire d’un sans-abri est fragilisé par de multiples facteurs liés aux conditions dans lesquelles il vit. Beaucoup de sans-abri souffrent de complications causées par l’alcool, la drogue… Avec l’hiver, leur état de santé se détériore. Pendant cette période de froid, une grippe ou une toux peut avoir des conséquences fâcheuses. Il y a des sans-abri avec des bronchites non-soignées et de la tuberculose!”, raconte une professionnelle du social.
D’autre part, les sans-abri ont développé des astuces pour mieux se protéger en hiver. Surtout pendant la nuit. La première, sans doute pas la meilleure, est la consommation d’alcool. Selon des sans domicile fixe (SDF), l’alcool les réchaufferait. Du coup, en hiver, leur consommation d’alcool est décuplée! Mais la chaleur que procurerait l’alcool ne dure pas longtemps. En deuxième lieu, à la tombée de la nuit, ceux qui ne veulent pas quitter la rue pour un des deux abris de nuits gérés par l’ONG Caritas s’arrangent pour dormir dans des lieux couverts. Si, en été, ils dorment sur du carton, en hiver, ils optent pour la chaleur des sacs en jute ou goni.
Par ailleurs, la National Empowerment Foundation (NEF) ne dispose pas de plan spécial hiver pour aider ses milliers de bénéficiaires vivant dans des poches de pauvreté à faire face au froid. Pour ce qui est des vêtements chauds et couvertures, les familles qui n’ont pas de moyens financiers pour se les procurer comptent sur des ONG et autres personnes de bonne volonté pour affronter le froid.