Maladie à la fois multifactorielle et individuelle, l’obésité – qui correspond à une augmentation excessive de la masse grasse de l’organisme dans une proportion telle qu’elle peut avoir une influence sur l’état de santé – ne concerne pas seulement les adultes. De plus en plus d’enfants ont aussi de sérieux problèmes de poids. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), si le nombre de cas d’obésité à l’échelle mondiale a doublé depuis 1980, aujourd’hui, près de 43 millions d’enfants de moins de cinq ans (estimations de 2010) ont un problème de surpoids ou d’obésité. Et Maurice n’est pas en reste. Les jeunes Mauriciens sont aussi sujets à l’obésité enfantile qui progresse selon les profesionnels de santé, à un rythme effréné. Zoom sur cet inquiétant phénomène de société.
Selon l’OMS, la probabilité que les jeunes adolescents souffrant d’obésité à l’âge adulte est de 80%. Cette maladie constitue ainsi l’un des plus grands défis pour la santé publique au 21e siècle. D’autant que la prévalence au fil de ces dernières années, s’est accrue à un rythme alarmant. Or, beacucoup plus qu’un simple phénomène passager, l’obésité juvénile affecte directement la santé et l’espérance de vie des enfants. En effet, tout comme chez les adultes, un gain de poids excessif chez un enfant ou un jeune augmente les risques de développer plusieurs problèmes à court et à long terme. Parmi ceux-ci, on retrouve : l’hypertension, les maladies du coeur, le diabète de type 2, l’apnée du sommeil et autres problèmes respiratoires (ex: asthme), les problèmes au niveau des os et des articulations (ex: arthrite) la dimunition de l’espérance de vie. Sans compter les impacts sur la santé affective (faible estime de soi, dépression) et sur la santé sociale (intimidation, moqueries, sentiment de rejet).
Maladie évitable
Le surpoids et l’obésité ainsi que les maladies qui leur sont liées sont en grande partie évitables. La prévention de l’obésité de l’enfant doit donc se voir accorder un haut degré de priorité. Il faut d’abord diagnostiquer cette maladie au plus tôt. Généralement, pour déterminer l’obésité chez l’adulte, on se sert de l’Indice de Masse Corporelle (IMC). En revanche, chez l’enfant qui grandit, les choses sont plus compliquées, en raison de la croissance. D’où l’élaboration des courbes de coorpulences qui permettent de comparer l’IMC de l’enfant à celui d’enfant du même âge et du même sexe. A savoir qu’un enfant peut être diagnostiqué obèse dès l’âge de 2 ans, soulignent les professionnels de santé.
Au terme des observations, l’OMS reconnaît que la prévalence de l’obésité de l’enfant est le résultat de changements survenus dans la société. En effet, la principale cause du surpoids et de l’obésité de l’enfant est un déséquilibre éngergétique entre les calories consommées et les calories dépensées. Aussi, l’augmentation mondiale des cas de surpoids et d’obésité chez les enfants est imputable à un certain nombre de facteurs : un changement de régime alimentaire observé sur le plan mondial qui se traduit par une consommation accrue d’aliments très énergétiques à haute teneur en graisses et en sucres mais contenant trop peu de vitamines, de minéraux et d’autres micronutriments bons pour la santé; une tendance à la dimunition de l’activité physique en raison de la nature sédentaire de nombreuses formes de loisirs, du changement de modes de transport, etc.
Si elle est à la fois multifactorielle et individuelle, quelques mesures simples peuvent être appliquées pour combattre l’obésité juvénile. Pour les professionnels de la santé, une bonne hygiène de vie, un peu d’activité physique et une alimentation équilibrée, sont les clés contre l’excès du poids. En aidant un enfant trop gros à retrouver le poids qui lui permet  de se sentir « mieux dans sa peau », c’est l’aider à mieux se porter dès aujourd’hui et lui assurer une option « bonne santé » pour l’avenir.