A l’heure où la sexualité s’exhibe de plus en plus, certains couples n’ont, eux, plus envie de faire l’amour. Sans pudibonderie ou frustration, certains partenaires revendiquent en effet une privation volontaire de l’acte sexuel dans leur couple. Un moyen, selon ceux qui optent pour le « No sex », de relancer le désir dans leur couple et qui permet de découvrir son partenaire sous un nouveau jour…
Certes, il n’y a pas de prescription qui existe pour faire l’amour. Aucune ordonnance quant à la fréquence pour un couple de faire des galipettes. Certaines études font d’ailleurs ressortir qu’en plus des sensations intenses qu’ils procurent, les câlins sous la couette seraient bénéfiques pour la santé. Faire l’amour augmenterait l’espérance de vie, préviendrait l’apparition de problèmes cardiaques et même de certains cancers et, est entre autres, bon pour la ligne… Quand plaisir rime avec santé… peut-on alors se passer de sexe en couple ? L’abstinence est-elle vraiment profitable au couple ?
C’est ce qu’a tenté de découvrir une enquête de Parship.fr, site de rencontres par affinités, en interrogeant 1 400 célibataires (54% de femmes et 46% d’hommes) sur ce phénomène, semble-t-il, en expansion : le « no sex » dans le couple.
« Le « no sex » dans votre couple, ça vous tente ? » C’est la question précise qui a été posée par e-mail aux membres de Parship.fr. Selon les résultats du sondage, pour la moitié des participants, le sexe est indispensable pour la survie d’une relation amoureuse et, par conséquent, ils refuseraient d’y renoncer. Or, 350 des sondés (un quart de l’échantillon) pensent que le désir peut être ravivé dans un couple grâce à une période de « no sex ». Et le chiffre le plus surprenant de cette enquête est celui des non-pratiquants du sexe, ou plutôt des pratiquants du « no sex » : 23% des sondés ont déclaré avoir déjà vécu cette situation sans que cela ne leur ait posé de problème. La majorité de ces abstinents envisagerait même sa non-pratique comme un moyen de s’intéresser différemment à son partenaire.
Commentant ces résultats, Cécile de Donno, psychologue de Parship.fr, explique que lorsque la sexualité active est détrônée aisément par le « no sex », c’est au profit d’une meilleure communication avec son partenaire, permettant un échange d’intimité différente qui ouvrirait vers une complicité et un lien particulier excentrés du désir sexuel.
S’il confirme cette hypothèse en avançant que le désir sexuel peut créer des interférences dans un couple quand il y a un déséquilibre et que l’un des deux se sent rejeté et se referme, le Dr Sylvain Mimoun, andrologue, gynécologue et psychosomaticien, précise que si le désir est équilibré, cela n’est pas un problème pour construire une relation basée sur l’échange et la confiance. Selon lui, cela n’empêche aucunement à un couple de s’épanouir et de se construire sur de bases solides.
Or, d’après les « codes » que nous impose la société, tout couple dit « normal » doit faire l’amour. Alors, faut-il s’inquiéter quand on ne fait plus l’amour ? Pour le Dr Sylvain Mimoun, il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. « Ce n’est pas grave de ne pas faire l’amour, l’important est d’être sur la même longueur d’onde », dit-il.
Ainsi, si les résultats de cette enquête semblent révélateurs d’une tendance, il faut tenir compte du fait que le sondage a été réalisé par une agence de communication et non par une société d’étude, n’ayant dévoilé ni les critères de sélection des sondés, ni la méthode utilisée. Ils ne peuvent de ce fait être considérés comme représentatifs de la société dans son ensemble. Et si l’amour ne doit répondre à aucun diktat de la société ni au désir de l’autre, quoi qu’il en soit, le désir sexuel, ou pour certains le non-désir sexuel, ne concerne que nous. Cela étant, le sujet mérite réflexion !