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Après Vallée-des-Prêtres, qui a enregistré 45 cas de dengue, un nouveau cas a été répertorié mercredi dernier dans la région de Bois-Chéri. « Malgré toutes les précautions prises pour enrayer la prolifération des moustiques, un nouveau cas a été noté », a déclaré une source du ministère de la Santé. Pour faire face au virus de la dengue, le ministère des Collectivités locales avait convoqué la semaine dernière les représentants du secteur pour une réunion en vue de les sommer de prendre toutes les dispositions pour nettoyer les terrains en friche, les rivières et les drains. « Que ce soit au niveau des villages et dans les villes, chacun doit prendre ses responsabilités », a indiqué au Mauricien un haut cadre de ce ministère.

Concernant le cas de dengue enregistré à Bois-Chéri, les autorités n’ont pas tardé à réagir. Selon nos sources, une somme additionnelle a été mise à la disposition du conseil de district de Savanne pour une campagne de nettoyage intensive dans la région. Pour parer à toute éventualité, Kamalsaw Gujadhur, le président du conseil de Savanne, a convoqué cette semaine dernière tous les conseillers et représentants des villages de la région pour une réunion. « Nous n’allons certainement pas rester les bras croisés. Je leur ai demandé de repérer un plus grand nombre possible de zones à risque pour mettre en place une stratégie et mobiliser toutes nos ressources pour une campagne de sensibilisation de grande envergure. Bann abitan osi ena zot rol a zwe pou ki zot lanvironnman prop », a expliqué Kamalsaw Gujadhur.

Quant au président du conseil de district de Flacq, Vikram Hurdoyal, il demande au ministère des Terres et du Logement de mettre à la disposition du conseil tous les éléments d’informations qui seront utiles aux officiers pour retrouver les propriétaires des terrains en friche et qui, dans le passé, avaient soumis des demandes de permis de développement. « Cette démarche facilitera notre tâche et nous évitera de perdre du temps pour les retrouver. Ce n’est pas toujours facile de retrouver les propriétaires de ces terrains, surtout en cas de décès du propriétaire, de succession ou si le propriétaire n’est plus au pays. Et en l’absence des propriétaires, des voisins en profitent souvent pour les transformer en dépotoirs, créant ainsi des foyers potentiels pour la transmission de maladie comme la dengue actuellement ou le Chikungunya, par exemple », dit-il.

Selon le président, faute de moyens financiers et en raison de ressources humaines limitées, le conseil de district de Flacq ne peut se permettre d’investir pour nettoyer tous les terrains en friche, les drains et les rivières. « Tou bann resours imenn ki a nou dispozision pe servi pou netway bann lespas ver e bann lezot terin kot bann zenes pe itilize pou lezot aktivite. Li vinn bien difisil pou nou pou investi », souligne-t-il.

Sunael Purgus, président du conseil de district de Pamplemousses, suggère aux autorités d’apporter des amendements à la Local Government Act comme tel a été le cas pour celle concernant la construction illégale et qui est entrée en vigueur en octobre dernier. « Cette loi a forcé les propriétaires de terrains à respecter scrupuleusement certaines conditions liées au permis de construction. Cela aurait dû être le cas pour le respect de l’environnement aussi », dit-il.

Il ajoute : « Valeur du jour, les procédures sont longues et trop compliquées en ce qui concerne les actions qui doivent être prises à l’encontre de certains propriétaires de terrains en friche qui ne respectent pas les conditions. Les collectivités locales devraient pouvoir alors solliciter la cour pour que les propriétaires fassent le nécessaire au plus vite si le terrain constitue un danger pour l’environnement. Les propriétaires auraient réagi et auraient fait de leur mieux pour respecter les conditions si la loi était plus sévère et était appliquée dans toute sa rigueur. »

Pour rappel, sous la Local Government Act 2012, les autorités peuvent s’occuper du nettoyage de terrains en friche et pourraient réclamer ensuite les frais aux propriétaires. Le conseil, poursuit Sunael Purgus, procédera, à partir de la semaine prochaine, à un exercice pour repérer le nom des propriétaires dont les terrains sont abandonnés dans les nouveaux morcellements. « Ce ne sera pas difficile. Nous agirons en conséquence et vite », a-t-il promis. Et de poursuivre : « En attendant, nous solliciterons le ministère de la Santé pour faire de la fumigation car nous ne disposons pas de tels moyens. »

Concernant le district de Grand-Port, dont le président est Nirmal Domah, une vaste campagne de nettoyage débutera lundi, en particulier dans les zones côtières pour éviter la prolifération de moustiques. « Nous demanderons de l’aide aux responsables d’Airport of Mauritius, qui dispose déjà de divers équipements pour la fumigation. Nous avons déjà prévu un budget additionnel pour les éboueurs afin que le travail soit accompli dans les meilleures conditions. Nous agirons selon les paramètres de la loi et prendrons les sanctions qui s’imposent à l’encontre de ceux qui ne nettoient pas leurs terrains. Nous agirons avec fermeté », soutient-il.

Au niveau du district de Rivière-du-Rempart, Prembhoodas Ellayah, le président, compte faire appliquer la loi contre les propriétaires de terrains en friche. « Nou kas rekor dan lenor avek sa kantite terin abandone ki ena dan Grand-Baie, Pereybère, Bain-Boeufs ek Mon-Choisy. Nou bann ofisie pe fer de zot mie pou aplik lalwa me li vinn difisil parski nou pena ase efektif », déplore-t-il.

Du côté du ministère de l’Environnement, on a laissé entendre que les Collectivités locales doivent s’assurer que le ramassage d’ordures se fait de manière régulière et qu’il n’est pas question de tolérer le “dumping” illégal « qui cause beaucoup de tort à l’environnement ». Un officier nous rappelle que la Local Government Act a été amendée l’année dernière et que les propriétaires, qui ne nettoient pas leurs terrains et qui ne se conforment pas aux lois, doivent payer une amende d’un minimum de Rs 10 000 et d’un maximum de Rs 50 000.