Le danger de la présence du virus mortel Ébola à Maurice a été écarté. Les résultats des analyses sanguines et médicales effectuées d’urgence sur un habitant du Nord âgé de 38 ans et souffrant de forte fièvre et de symptômes suspects sont négatifs, indiquant que le patient, qui est rentré d’une longue tournée en Afrique de l’Ouest, souffre en fait de malaria. Ces conclusions ont été rendues publiques officiellement tard la nuit dernière par le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie.
Trois jours après son retour à Maurice, cet habitant du Nord manifestait des symptômes s’apparentant à la fièvre hémorragique. Il souffrait de faiblesse, de perte d’appétit et faisait de la forte fièvre. Ne voyant pas son état de santé s’améliorer, ce chauffeur de formation s’est rendu dimanche matin dans un cabinet médical privé à Le Hochet, Terre-Rouge. Il y est retourné deux jours plus tard, à savoir mardi. Toutefois, ce n’est qu’hier matin qu’il a été transporté à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam à Pamplemousses, muni d’une recommandation du médecin du privé.
Aussitôt après un premier examen médical aux urgences, le patient et son frère, qui l’accompagnait, ont tous deux été isolés. Et c’est en voyant la panique générale qui s’est installée que le frère s’est rendu compte de l’enjeu qui se jouait. « J’ai ensuite été séparé de lui. On m’a expliqué qu’il serait envoyé par ambulance à l’Isolation Ward de l’hôpital de Souillac pour y subir des tests. Quant à nous, un officier du sanitaire a pris contact avec nous pour vérifier si personne à la maison ne souffrait de symptômes similaires. On nous a également conseillé d’éviter de sortir tant qu’on ne savait pas de quoi souffre mon frère », raconte le frère accompagnateur, que Le Mauricien a rencontré dans la journée d’hier.
Contrairement à ce qui a été colporté hier, le malade, précise son frère, n’était pas un habitué des pays africains. Il en était d’ailleurs à son premier voyage. « Il est allé rendre visite à des amis à lui. Il est passé par l’Angleterre, ensuite les pays africains. Lesquels, je ne sais pas », confie-t-il, désemparé.
Selon les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien, le patient s’est rendu en Europe pour ensuite gagner plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, dont la Sierra Leone, le Kenya et la Guinée. Son périple aurait duré cinq mois. À son arrivée à l’aéroport SSR, le nordiste n’aurait pas dit toute la vérité sur ses déplacements. Il n’aurait pas fait mention de ses voyages — sur la fiche jaune, disponible peu avant l’atterrissage — dans les pays affectés par le virus Ébola, notamment la Sierra Leone et la Guinée. Il aurait stipulé qu’il avait seulement visité le Mali.
S’agissant de la vérification de son passeport, les autorités soulignent qu’un comité technique se penche sur les zones d’ombre pour comprendre comment ce passager a pu quitter l’aéroport sans que les officiers ne sachent d’où il revenait exactement, ce qui constitue un délit passible de poursuites judiciaires. Par conséquent, il y a une grande possibilité que le nordiste soit inquiété par la police pour fausse déclaration sous la Public Health Act.
Le visage marqué par des cernes de notre interlocuteur témoignait, hier, de son état d’inquiétude. D’autant que son frère malade vit dans la même maison que lui, avec son épouse et une fillette de trois ans, ainsi que leurs parents âgés. D’ailleurs, à l’heure où nous l’avions rencontré, leur père de 76 ans ne savait rien de cette mésaventure.
Après plus de six heures d’attente, les résultats des tests effectués au laboratoire de Souillac, mis à disposition à cet effet, sont finalement tombés peu avant 22 heures au lieu de 18 heures comme prévu initialement.
Un communiqué du ministère de la Santé a été émis peu de temps après pour faire état de la négativité du test. Une nouvelle qui ne pouvait pas mieux tomber pour cette famille du Nord qui était jusqu’ici rongée par l’inquiétude.
Toutefois, à ce matin, les membres de cette famille n’avaient toujours pas été contactés par les services de santé. Ils ont appris la nouvelle par voie de presse. Selon les dernières informations recueillies auprès de diverses sources, le patient sera traité à l’isolation ward de l’hôpital de Souillac pendant toute la période nécessaire.