Des membres de la Vacoas Popular Multi-Purpose Co-operative Society (VPMPCS) ont tenu un point de presse à Port-Louis hier. Expliquant « avoir la perception qu’une politique de deux poids, deux mesures est exercée à notre encontre, car cela fait déjà quatre mois que nos finances ont été gelées, depuis que le scandale a été dévoilé », ces victimes réclament du gouvernement que « comme dans le cas des victimes de la BAI, l’État vienne nous rassurer et nous aider à récupérer ce qui nous revient ». Le comité des victimes de la VPMPCS demande au gouvernement de leur accorder une ligne de crédit de Rs 350 millions à un taux raisonnable, qui leur permettrait de « remettre à flots » la coopérative.
« Nous ne sommes ni des mendiants, ni des assistés », soutient d’emblée le comité des victimes de la VPMPCS. Par la voix de Sunil Jhugroo, Raj Seesurn, Jayraj Luximon et Sheela Hanoomanjee, les victimes de ce scandale font ressortir que « cette société qui a connu une véritable “success story” » est l’une des plus anciennes organisations du pays. « Nous ne voulons pas qu’elle soit liquidée, comme le recommande le rapport Ernst & Young ». En contrepartie, ce comité propose un plan de redressement en divers axes. « Nous avons des compétences diverses et les ressources humaines requises pour redresser la situation afin que cette coopérative redevienne florissante. » Se disant « victimes du clan familial qui a provoqué la chute de la VPMPCS », ils demandent au gouvernement de leur octroyer une ligne de crédit de Rs 350 millions pour relancer les activités foncières de la société. « Nous ne demandons pas au gouvernement d’injecter ces Rs 350 millions dans la société, mais de nous les prêter à un taux raisonnable. Nous avons déjà étudié la situation et, avec l’aide de nos comptables, nous sommes certains de pouvoir redresser la situation. »
La VPMPCS est essentiellement engagée dans l’immobilier. « Nous avons des terrains un peu partout dans l’île, soit à Bramsthan, Caroline, La Visitation et Flic-en-Flac, avec notamment deux terrains de 24 et 13 arpents dans cette dernière région. Le terrain de 24 arpents, qui dispose déjà d’un permis de développement, peut être vendu à raison de Rs 18 000 la toise, ce qui nous rapporterait Rs 300 millions. Or, le trou actuel auquel fait face la coopérative s’élève à environ Rs 500 millions. Ce pour quoi nous demandons au gouvernement de nous octroyer cette ligne de crédit de Rs 350 millions pour remettre les projets à flots et refaire fonctionner la société. Nous croyons en l’avenir de cette coopérative et nous savons que l’actuel gouvernement, que nous remercions d’ailleurs d’avoir révélé au grand jour cette malversation, a bon coeur et qu’il ne nous laissera pas tomber. » À cet effet, ce comité réclame « que les ministres Lutchmeenaraidoo et Bhadain viennent nous rassurer, comme ils l’ont fait pour les victimes de la BAI ! » Et de poursuivre : « Quatre mois après que le scandale a éclaté, hormis nous avoir indiqués que l’affaire avait été discutée au conseil des ministres, nous n’avons plus eu de nouvelles concrètes. Nous ne voulons pas qu’une perception de politique de deux poids, deux mesures se confirme. Nous souhaitons que notre voix soit entendue. »
Sheela Hanoomanjee, membre de ce comité, ajoute que 5 500 familles sont confrontées à des drames humains depuis quatre mois. « Imaginez-vous demander à votre enfant de stopper ses études et rentrer au pays parce que notre capital a été gelé et que l’on ne sait pas quand on pourra toucher notre argent ? » Ces « victimes » réclament des signaux concrets de la part du gouvernement. « Nous sommes des petites gens : des laboureurs, chauffeurs, contrôleurs, jardiniers… Nous sommes convaincus que sir Anerood Jugnauth, un homme au grand coeur, ne restera pas insensible à notre souffrance. » Le comité demande aussi au gouvernement de revoir le “caretaker board” qui a été nommé. « Depuis qu’ils sont en place, ils n’ont rien fait à l’égard des membres de la coopérative. Au lieu de cela, ils passent leur temps à se battre entre eux… »