Alors que le ministère de l’Éducation et la PSSA continuent de faire la sourde oreille sur leurs doléances en suspens depuis plusieurs années, voilà qu’on leur annonce la visite incessante d’officiers du ministère dans leur établissement pour entreprendre une “Quality Audit and Inspection”. Les directeurs des collèges privés se disent « très agacés ». Non pas parce qu’ils sont contre l’idée d’un audit de leur service, mais en raison du manque d’informations sur ce que le ministère veut vérifier ainsi que sur la manière dont se déroulera l’exercice. Leurs interrogations sont nombreuses et ne manquent pas de pertinence. Cet audit figure à l’agenda d’une conférence de presse de la Fédération des managers prévue mardi prochain.
Si les directeurs des collèges privés avaient été mis au courant de l’intention du ministère de vouloir créer cette “Quality audit and inspection division”,
ils n’ont obtenu aucune indication à ce jour sur la forme que cela prendra ni sur la manière dont elle fonctionnera. Ils disent avoir été pris au dépourvu par le contenu de la lettre envoyée par la PSSA en date du 3 mars dernier, leur annonçant la décision du ministère de l’Éducation « to roll out quality assurance and inspection in private Grant aided Secondary Schools as from this year ». Cette tâche incombera aux officiers de la Quality Assurance and Inspection Division du ministère concerné. « The Directorate (Quality Assurance) will contact you at least  two days before the proposed visit, of the day, date and time of visits as well as formulate requests for those documents that you may need to provide », ajoute la PSSA. A noter qu’ils sont 87 collèges privés à obtenir des subventions du gouvernement.  
Dans cette même lettre, le ministère explique que cet “Quality Audit & Inpection” a pour but de « improve the  overall quality of educational provision in both state  and Private grant-aided colleges ». Pourtant, elle provoque une certaine inquiétude dans le secondaire privé et risque de créer beaucoup d’agitations dans ce secteur à l’approche de la fin du premier trimestre scolaire. Les dirigeants de la Fédération des managers affirment que ses membres « n’ont rien à cacher », mais qu’ils veulent tout simplement obtenir des informations relatives au déroulement de cet audit. La principale interrogation, dans tous les collèges depuis quelques jours, est de savoir « ce qu’ils veulent vérifier et inspecter ». Bashir Taleb, directeur de l’Islamic Form VI School et président de la Fédération des managers, explique : « On a mille fois dit que les collèges privés ont chacun leur système de monitoring, que ce soit pour les affaires administratives ou pour l’enseignement, tout en tenant compte des exigences de Cambridge et des principes de bonne gouvernance. A ce jour, on n’a aucune idée de ce qu’ils veulent vérifier et de la méthode qu’ils emploieront pour cet exercice. Le ministère a complètement ignoré notre requête pour une réunion. On est complètement dans le flou. » Cette instance craint que ces vérificateurs du ministère n’utilisent une méthode uniforme, en soulignant que l’organisation de la vie scolaire, dans un établissement privé, est complètement différente de celle d’un collège d’État.  En l’absence d’informations, ils se demandent si ce contrôle de qualité  concernerait les aspects comme l’état  du bâtiment, la cour de récréation, les laboratoires de sciences et les facilités existantes pour l’enseignement de toutes les matières, la pédagogie, la gestion financière, le personnel administratif, ou encore le montant des “grants” perçus par chaque collège.  
La Fédération souligne l’évaluation annuelle des collèges privés par les supervisors de la PSSA en vue du renouvellement du permis d’opération ainsi que pour l’obtention des “grants”. Les managers craignent que cet audit envisagé par le ministère ne ressemble aux tâches des supervisors de l’organisme de Beau-Bassin.
Les autres questions portent sur les compétences de ces Quality Assurance Offfiers. Sur quels critères les a-t-on choisis ? Quelle formation ont-ils reçue pour faire ce contrôle ? Au cas ils voudraient vérifier la qualité de l’enseignement dans certaines matières spécifiques, sont-ils qualifiés dans les matières concernées ? Et combien d’années d’expériences comptent-ils dans l’enseignement ? Autant de questions aujourd’hui sans réponse.
Des enseignants des collèges confessionnels préviennent qu’ils « attendent de pied ferme » les inspecteurs dans leurs classes. « S’ils  veulent inspecter les coins du bâtiment de l’école, le nombre de chaises, de pupitres et de robinets dans les toilettes, qu’ils le fassent. Mais qu’ils ne viennent pas nous dire comment enseigner et faire la classe à notre place ! Nous ne sommes pas les employés du ministère, ni de la PSSA. C’est à notre employeur de dire s’il est satisfait de notre travail ou non », réagissent quelques enseignants mécontents. La Fédération des managers avertit elle aussi qu’elle veillera que le personnel enseignant « ne subisse pas de tracasseries inutiles » dues à d’éventuelles inspections de ces Quality Assurance Officers.
Selon des enseignants et des recteurs du privé, la mise sur pied de cette Quality Assurance Audit & Inspection Division sonne comme une énième tentative du ministère de l’Éducation d’avoir un inspectorat central pour le secondaire. On en parle en effet depuis les années 90, à l’époque d’Armoogum Parsuramen. En juillet 2000, alors que Kadress Pillay était ministre de l’Éducation, il y a aussi eu des amendements à l’Education Act et à la Private Secondary School Authority Act  en vue d’obtenir une “pedogical inspection” sous la responsabilité de ce  ministère. Son successeur, Steve Obeegadoo, avait relancé l’idée, mais face aux vives protestations du syndicat des collèges confessionnels, mené à l’époque par Lysie Ribot, le projet a été mis au frigo.