Répondre aux besoins des entreprises manufacturières recherchant des techniciens qualifiés en ingénierie électrique et mécanique tout en donnant la possibilité à des jeunes de suivre une formation académique tout en ayant une expérience en entreprise. Tel est l’objectif de la Mauritius Export Association (MEXA) et l’Université des Mascareignes (UDM) en développant le “Technical Diploma in Electrical and Mechanical Engineering for Industries”, une formation étalée sur trois ans sous le “Dual Training Programme” (DTP).
Le DTP est une initiative conjointe gouvernement/secteur privé gérée par le ministère du Travail et des Relations industrielles et faisant provision pour la formation des jeunes dans des filières recherchées par l’industrie. Sous le DTP, la formation est financée à hauteur de 40% par le gouvernement et 60% par l’employeur. Une allocation mensuelle garantie de Rs 3 000 est versée au candidat par le gouvernement alors que l’employeur a l’option de faire une contribution additionnelle pour satisfaire les attentes du candidat. Dans le cas du programme de formation initié par la MEXA et l’UDM, un total de 42 candidats seront recrutés et placés dans 14  entreprises (voir la liste plus loin) en deux groupes distincts.
La formation proposée par la MEXA et l’UDM  démarrera effectivement en septembre après une “induction périod” d’un mois dans les entreprises qui seront assignées à chaque candidat. Il incombera aux entreprises participantes de procéder à l’entrevue et à la sélection des candidats. Lors d’une conférence de presse hier après-midi, la direction de la MEXA a indiqué qu’il y a de fortes possibilités qu’à l’issue des trois ans de formation en alternance (trois jours en entreprise et trois jours sur le campus de l’UDM à Rose-Hill), les candidats reçoivent une offre d’embauche formelle des entreprises où ils ont été affectés.
« Le secteur d’exportation contribue pour environ 6% au PIB et est le plus gros employeur du pays avec 55 000 emplois directs et quelque 155 000 emplois indirects. On est arrivé à un moment où il faut repenser l’avenir de ce secteur. Le mot-clé est la compétitivité. Qui dit compétitivité, dit productivité. La productivité passe par une amélioration des compétences de la main-d’oeuvre », a déclaré Hemraj Ramnial, président sortant de la MEXA et directeur du groupe Esquel. Il a souligné que plusieurs entreprises investissent dans de nouvelles machines et technologies pour monter en gamme et ont un besoin de main-d’oeuvre qualifiée pour opérer et entretenir leur équipement. Le programme de formation élaboré par la MEXA et l’UDM vise à rehausser les compétences des jeunes et à créer un pool de techniciens capables d’aider l’industrie manufacturière à relever les défis. « Par la même occasion, nous sommes en train de démontrer que le secteur manufacturier d’exportation a un avenir et qu’il faut lui donner tout le support nécessaire », a ajouté Hemraj Ramnial.
Pour Lilowtee Rajmun, directrice de la MEXA, il y a un problème de “skills mis-match”, la formation suivie par les jeunes n’étant pas nécessairement celle recherchée par l’entreprise. D’où le programme de formation spécifique conçu par la MEXA et l’UDM. La MEXA veut cibler les quelque 2 300 jeunes détenant le SC ou le HSC et inscrits sur le registre des sans-emploi. Une étude de la MEXA a également établi qu’en sus des techniciens en ingénierie électrique et mécanique, l’industrie manufacturière a besoin de gens qualifiés dans la logistique/gestion des services d’entreposage, le “graphic design” et la micromécanique, entre autres. Des programmes de formation dans ces domaines seront préparés à l’avenir.
Les candidats doivent avoir réussi aux examens de physiques et mathématiques pour être éligibles à la formation qui sera dispensée par l’UDM. Le directeur adjoint de cette institution, Konayah Saurty, a estimé que la formation à venir permettra de créer une « nouvelle génération » de techniciens. Le placement des candidats en entreprise sous le guide d’un mentor aidera le formateur à l’UDM à mieux appréhender les difficultés rencontrées au sein de l’entreprise et de trouver des solutions en conséquence.