Le General Manager d’IBL, Nicolas Maigrot, entouré d’une dizaine de directeurs du groupe, a annoncé hier l’entrée du groupe sur le marché africain avec l’acquisition d’une compagnie ougandaise, Fresh Cut Ltd. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de sa nouvelle vision de devenir un groupe « that goes beyond boundaries to create values ». Nicolas Maigrot a aussi exposé la volonté du groupe, qui a une vocation d’entrepreneur, de toujours innover et d’être à la pointe du progrès. Il a par ailleurs annoncé la création d’une nouvelle filière, IBL Biotechnology, sous la direction de Jean Vincent Chantreau, qui aura pour objectifs de valoriser l’agroalimentaire et la création de protéines.
Le groupe, a fait comprendre le directeur général, n’est pas épargné par la crise qui secoue la zone euro et la chute de la valeur de l’euro par rapport au dollar et à la roupie en particulier. Il a préconisé, dans ce contexte, une roupie compétitive. Le groupe, qui est très engagé dans la seafood industry, est aussi affecté par la piraterie au large de la Somalie — qui a amené des compagnies de pêche à retirer leurs navires de pêche de la zone de l’océan Indien.
L’histoire de la compagnie IBL est étroitement associée à celle de Maurice. Elle était connue à l’origine comme propriétaire de navires ainsi que dans le secteur commercial, ceux du transport et de la distribution des produits pour le développement du pays. Depuis, le groupe a diversifié considérablement ses activités afin de conserver le pas sur les changements économiques et politiques dans le pays. La compagnie est aujourd’hui présente dans plusieurs secteurs comme le seafood, la vente au détail, le global business, l’assurance, tout en étant active dans ses activités de base comme le commerce, le shipping et le secteur de la distribution.
Le groupe IBL a été incorporé en 1972. Il emploie aujourd’hui environ 7 000 employés dans six secteurs d’activités, notamment les services financiers, le commerce, l’ingénierie, le commerce au détail, le seafood et la marine, la logistique, l’aviation et le shipping. Il réalise un chiffre d’affaires de Rs 16 milliards. Il est coté à la bourse des valeurs depuis août 1994.
Treize directeurs sont intervenus hier sur leur secteur d’activités : Jimmy Wong, André Chung (services financiers), Fab Merlo, J.M. Rouillard, Din Jheelan (commerce), Himmunth Jugduth, Michel Dupont et Jocely Labour (service engineering), Nicolas Merven (responsable du service de la vente au détail à travers Winners entre autres), Patrice Robert, Jean Yves Ruellou et Jean Vincent Chantreau (les activités seafood et marines) et Danny Chong (les activités de logistique, d’aviation et de shipping).
Health care
Il ressort des différentes interventions que le secteur du health care, comme l’a expliqué Din Jheelan, a été le pionnier dans l’introduction de médicaments pour combattre les maladies (transmissibles et non transmissibles). Ainsi, le service de health care a été le premier à introduire un système rapide de dépistage du HIV. Au niveau des activités d’ingénierie, les intervenants ont noté un piétinement au niveau de la construction en raison de la crise économique qui affecte notamment le textile et le secteur touristique, ce qui a entraîné un ralentissement dans la construction des hôtels, entre autres. La compétition avec les entreprises chinoises a été déplorée : non seulement elles arrivent avec leurs employés, mais elles importent tous leurs matériaux de Chine. « Pourquoi ne pas forcer les contracteurs chinois à acheter 50 % de leurs besoins à Maurice », s’est demandé Eric Hardy de Manser Saxon.
Au niveau de la distribution de détail, Nicolas Merven ne cache pas sa fierté par rapport à l’importance qu’a prise Winners depuis 1994. Le groupe compte aujourd’hui 19 supermarchés à travers le pays et emploie environ 1 600 personnes. Winners occupe actuellement quelque 40 % de part de marché et génère un chiffre d’affaires de quelque Rs 4 milliards. Il s’approvisionne auprès de quelque 400 fournisseurs. Les produits de ses boulangeries dans une quinzaine de supermarchés sont très appréciés, affirme M. Merven. Le supermarché de St Pierre sera bientôt transféré dans un nouveau bâtiment. Il a annoncé l’ouverture en novembre d’un vingtième supermarché à Boulet-Rouge, à Flacq.
Patrice Robert a longuement parlé du secteur des activités de seafood qui produit quelque 55 000 tonnes par an. Il a aussi parlé de la production d’huile de poisson et de farine de poisson. Le CNOI est devenu un chantier naval presque incontournable dans la région, selon Jean Yves Ruellou. Le chantier accueille presque tous les navires engagés dans la pêche à la légine dans les mers du Sud et reçoit régulièrement les navires de la marine française basée à La Réunion pour des travaux d’entretien. Les services des techniciens de la compagnie sont très sollicités dans la région. En dix ans, le chantier a construit une dizaine de navires pour les pays de la région, excluant Maurice.
Nicolas Maigrot a finalement annoncé que le groupe s’apprête à célébrer son 40e anniversaire cette année avec une nouvelle image de marque qui sera lancée le 21 octobre.