Depuis le début de cette année, 71 individus ont perdu la vie sur nos routes, un chiffre en hausse de 9 % comparé à pareille époque l’an dernier. Cette fois encore, les motocyclistes ont été les plus exposés, avec 30 victimes recensées, suivis des piétons, avec 23 morts.
L’identité de la dernière victime de nos routes était encore inconnue à l’heure où nous mettions sous presse hier. En effet, vers 16 heures, jeudi, un accident de la route est survenu dans les parages de Quartier-Militaire, près d’un arrêt d’autobus. Une femme ayant la soixantaine, d’après les estimations de la police, a été violemment percutée par un autobus de flotte individuelle. Elle a été conduite d’urgence à l’hôpital de Flacq, où les médecins n’avaient pu que constater son décès. Le conducteur du véhicule impliqué, un quinquagénaire, a été soumis à un test d’alcoolémie qui s’est révélé négatif et a été placé en détention policière. Par ailleurs, la dépouille de la victime a été transférée à la morgue en attendant d’être identifiée. La police indique la victime est mince, mesure 1m50 et a les cheveux gris. Elle portait un saree blanc et noir et des sandales noires au moment de l’accident et avait en sa possession un sac en plastique bleu contenant des vêtements. Toute information susceptible d’aider à l’identifier doit être communiquée au Police Information and Operation Room sur le 208 0034/5 ou au poste de police de Quartier-Militaire.
D’autre part, le Chef Inspecteur Ashok Matar, attaché à la Traffic Branch Unit, indique que son unité n’est pas insensible au nombre élevé de morts sur nos routes. « Notre campagne de sensibilisation est permanente. Nous n’arrêtons pas de dire aux motocyclistes, automobilistes et aux piétons d’être prudents sur la route car un proche qui trouve la mort ou qui devient handicapé dans un accident est une épreuve traumatisante et bouleversante », soutient-il. Selon lui, malgré les statistiques montrant une hausse dans le nombre de contraventions, certains conducteurs continuent de consommer de l’alcool et font preuve d’arrogance au volant. « Je ne trouve pas les mots pour qualifier cette attitude. C’est la mentalité et le comportement des usagers de la route qu’il faut changer. Personnellement, ce qui m’a choqué récemment, c’est d’entendre un père de famille dire qu’il va offrir une moto à son fils qui va fêter ses 17 ans bientôt. La question que je me pose : est-ce de l’amour pour son enfant ? Que se passera-t-il si l’enfant est victime d’un accident grave ? Qui sera responsable ? » dit-il, sachant que les motocyclistes perdant la vie dans des accidents de la route sont souvent des jeunes friands de vitesse. Le CI Ashok Matar estime que les parents et les éducateurs ont eux aussi un rôle très important à jouer lorsqu’il s’agit de sécurité routière. « Nous devons tous nous sentir concernés », insiste-t-il.
Comme mesure de sécurité, durant le week-end, la Traffic Branch Unit prévoit de mobiliser ses effectifs, comme à son habitude, principalement à Grand-Baie et Flic-en-Flac, soit les régions où ont lieu le plus grand nombre d’accidents et où la night-life bat son plein, mais également dans tous les coins de l’île où les usagers de la route sont très exposés. « Personne ne sera épargné », prévient le CI Ashok Matar.