• Le comité exécutif scindé avec le “walk-out” de sept membres à la dernière réunion
  • Les décisions « unilatérales » du président, Suraj Rai, dénoncées

Fraîchement élu en décembre 2018, le nouveau comité exécutif du Mauritius Council of Social Services (MACOSS) est en proie à des conflits internes. Déjà, lors de la première réunion suivant son élection, le président, Suraj Rai, avait été mis en minorité et ses décisions renversées. La deuxième réunion, qui a eu lieu vendredi dernier, a été d’autant plus houleuse, avec des membres interdits d’accès par la police tandis qu’un autre groupe faisait un “walk-out”.

Lors des élections de décembre dernier, Suraj Rai a été élu comme président avec cinq voix d’écart seulement, ce qui explique pourquoi sa majorité est si fragile. Déjà, à la première réunion, tenue en janvier dernier, il n’a pu s’imposer, notamment pour faire nommer un vice-président.

C’est plus d’un mois après, soit vendredi dernier, qu’il a convoqué la deuxième réunion. Mais cette fois, les choses ont carrément tourné au vinaigre lorsque sept membres ont été interdits d’accès par un policier sur place. Selon des membres, l’exécutif est composé de 21 personnes. Chaque année, on en élit sept nouveaux.

Le président a également le pouvoir de nommer cinq personnes. Pour cela, il doit obtenir le consensus. « Pour la réunion de vendredi dernier, il a exclu ces sept personnes, expliquant que leur mandat était arrivé à terme. Or, dans de telles situations, il est impératif de passer par le comité d’Office Bearers. Ce qu’il n’a pas fait. Il a pris une décision unilatérale », ont lancé vendredi dernier des membres, témoins de la situation.

Ces derniers soupçonnent le président du MACOSS d’avoir adopté une telle « stratégie » car il savait qu’il n’avait pas la majorité. « Il a donc voulu exclure ces personnes pour s’assurer une majorité. » Pour contester cette façon de faire, sept des membres de l’exécutif ont donc fait un “walk-out”. Ce qui a tout de même permis au président de continuer la réunion, car les règlements stipulent qu’il faut un minimum de cinq membres pour constituer le quorum et il en avait six de son côté.

Selon les contestataires, « des choses graves » se seraient déroulées lors de cette réunion en l’absence des autres membres. « Les décisions prises à la première réunion ont été renversées et des personnes ont été nommées. Le vice-président en fonction a été révoqué et deux vice-présidents ont été nommés à la place. De plus, il a changé l’agenda initial de la réunion. Cela ressemble à de la dictature ! »

Ces membres mécontents reprochent également au président du MACOSS d’avoir un pied dans la politique. « Il est membre de la régionale No 7 du MSM. » Suraj Rai représente l’organisation AHEAD au MACOSS, Ong située à Amitié, Rivière-du-Rempart, engagée dans la promotion des droits humains, la bonne gouvernance et le développement communautaire, selon le registre du conseil.

Jusqu’à tout récemment, il était également un syndicaliste actif. Il aurait toutefois perdu son poste de secrétaire exécutif au sein du Congress of Independant Trade Unions (CITU) suite à des différends avec les membres.

Les contestataires plaident également pour que les règlements régissant le MACOSS soient revus. « Ceux-ci datent de 1970. Il est clair qu’aujourd’hui, cinq personnes ne peuvent constituer le quorum alors que l’exécutif comprend 21 personnes. »