La branche mauricienne du Service Volontaire International (SVI-Maurice) accomplit des actes philanthropiques au bénéfice des plus faibles de la société. Ce dévouement est enraciné au coeur de cette association fondée en 1960 par deux volontaires anglais, Patrick Alexander et John Beckett, qui ont visité Maurice pour y apporter leur aide après le passage du cyclone Carol.
Patrick Alexander et John Beckett sont venus à Maurice pour aider à reconstruire le pays après le passage du terrible cyclone Carol. Si, à ses débuts, ladite association a mis en exergue son charisme en construisant des maisonnettes en bois et en tôle pour les sinistrés des cyclones Alix et Carol, par la suite, son cheminement l’a amené à accomplir les activités suivantes, entre autres : (1) plantation d’arbres fruitiers à Dubreuil et à Tyack en 1969, (2) nettoyage de rues à Pointe-des-Lascars en 1979, (3) campagne de sensibilisation dans les écoles primaires et secondaires au sujet du développement durable en 2011.
« Pas de paroles, des actes » est la devise de l’association.
Au début de sa création dans la première moitié des années 60, le pays souffrait d’un manque évident de cohésion sociale, alors, SVI-Maurice a joué un rôle important en encourageant l’établissement de liens patriotiques entre toutes les composantes de notre société plurielle.
Depuis 2001, l’association est installée à son propre centre à Moka sous l’appellation « Peace Centre ». Reaz Nundoosing et Ayle Duval, sont respectivement le président et secrétaire de l’association, pour un entretien.
Ayle Duval, maintenant âgé de 66 ans, est un vieux routier du travail social. Il a été de ceux, qui dans les années 60 ont oeuvré à la création de cette association. « Ce centre a été mis en oeuvre par mon épouse et moi-même avec le soutien de Patrick Alexander, le volontaire anglais qui est venu à Maurice en 1960. Le centre est doté d’équipements technologiques modernes et, en plus, il contient un rayon de documentation au sujet de l’histoire de notre organisation. Bref, c’est un centre de ressources pour les 200 membres dont les noms sont inscrits dans nos registres », dit-il.
D’où vient l’idée de l’appellation « Peace Centre » pour ce centre ? (1) La philosophie du SVI, à l’échelle mondiale, vise l’instauration d’un monde de paix durablement pour tous les hommes de la terre ; (2) Ce centre est particulièrement dédié à deux personnes décédées dont les souvenirs sont très chers à SVI-Maurice : Pierre Ceresol, un Suisse, qui a fondé le SVI en 1920 à Esnes, en France, et Parsiven Chengapen, un volontaire de la première heure, foudroyé au-dessus du Pieter Both le 1er janvier 1971 à l’âge de 32 ans.
Bref, SVI-Maurice est l’une des 34 branches de cette organisation mondiale qui est aussi connue sous la dénomination de Service Civil International, mais, cela n’a rien à faire avec la fonction publique. Le Secrétariat International se trouve à Anvers, en Belgique. Chaque année, l’« International Committee Meeting » (ICM) se tient à tour de rôle dans l’un des pays où la branche est implantée et, justement, SVI-Maurice a hébergé la 69e ICM en 2009 durant cinq jours au Centre Récréatif de Pointe-aux-Sables. Il est évident que chacune des branches est appelée à se faire représenter à cette importante réunion annuelle par l’un de ses membres. La personne qui est finalement choisie pour représenter sa branche à cette grande réunion doit être prête à faire une contribution de 50 % pour les frais du voyage et d’hébergement, la somme restante étant à la charge de la branche locale par le biais de parrainages. Bien entendu, la réunion est accompagnée d’un séjour supplémentaire dans le pays hôte.
En sus de la réunion internationale annuelle, d’autres opportunités s’offrent aux membres des différentes branches de se rencontrer pour raffermir leurs liens d’amitié.
On ne peut parler de SVI-Maurice sans mentionner le fameux « Tour de l’Amitié » dont le caractère populaire est propre à attirer un grand nombre de participants puisque, d’une part, c’est une activité qui est ouverte aux membres du public et, d’autre part, elle a lieu durant les vacances scolaires. La première édition s’est déroulée en 1967 et la dernière en 2006, mais, elle sera reprise en décembre prochain. Il s’agit d’une randonnée à bicyclette, échelonnée sur environ quatre jours, le long d’un circuit défini au préalable. Durant la journée, on roule à son rythme et, le soir venu, on s’arrête en un lieu spécifique pour prendre un repas en commun avant que la soirée ne se termine autour d’un feu de camp. Pendant le déroulement des différents trajets, il y a une caravane qui accompagne les participants en vue de la sécurité de ces derniers. Y est aussi incluse : une activité philanthropique dûment calculée à l’avance.
« Le dévouement exemplaire des deux volontaires anglais a été le déclic qui a provoqué un esprit de civisme chez les Mauriciens en vue de remettre le pays sur les rails dans un grand élan de solidarité nationale », soutient pour sa part Ayle Duval.
John Beckett et Patrick Alexander étaient tous deux des diplômés d’une université britannique, mais, ils n’ont pas hésité à mettre la main à la pâte dans l’oeuvre de reconstruction post-Alix et post-Carol en 1960. Ces deux membres de la branche anglaise du SVI habitaient au domicile d’un pêcheur nommé Parsad, à Pointe-aux-Sables. Pour se rendre sur les sites de construction aux quatre coins de l’île, chacun des deux utilisait sa bicyclette, un don de l’UNICEF. Au bout de six mois, Patrick quitta l’île en y laissant un souvenir original sous la forme d’un petit dictionnaire Anglais-Créole Mauricien, qui est parmi les premiers ouvrages de ce genre. Quant à John, il partit après un séjour de neuf mois.
Les trois premiers Secrétaires de SVI-Maurice ont été dans l’ordre : Nitia Nadar, José Allet et le regretté Laurent Félicité, décédé le 15 août dernier.