L’exercice d’évacuation en cas de tsunami organisé dimanche dernier dans le catchment area du poste de police de Bain-des-Dames, à Port-Louis, a vu la participation de plusieurs centaines de civils, sollicités pour prendre conscience du danger d’une telle catastrophe naturelle. Ils ont ainsi aidé les autorités à améliorer l’exercice. Maurice se trouvant dans une zone à risque, la police encourage les habitants des zones côtières à participer aux exercices.
Une sirène se fait entendre au loin. Ce n’est pas un bruit habituel dans la région de Cassis, Bain-des-Dames et Résidence Vallijee. Le poste de police de Bain-des-Dames et son responsable l’inspecteur Nandram sont sur la brèche : une alerte au tsunami a retenti à 6 h 35 et il est déjà 8 h 30. Cet exercice de simulation dans la région de Port-Louis Sud est sous la supervision du surintendant de police Bhunnoo, qui nous explique qu’un tsunami peut prendre entre cinq et sept heures pour atteindre nos côtes, dépendant d’où provient la source du phénomène.
Suite à l’annonce d’un tsunami par les policiers et au déclenchement de la sirène spéciale installée sur leurs véhicules, les habitants se sont dirigés avec quelques affaires vers les points de rassemblement. Des membres de la force policière prenaient les noms des participants et ont appelé des bus pour pouvoir les diriger vers des zones où ils seront en sûreté. L’inspecteur Nandram nous explique que la bonne manoeuvre est de prendre une direction opposée à la mer.
Une équipe de la National Coast Guard intervient dans le lagon de Bain-des-Dames pour ramener des pêcheurs à terre. Ils sont ensuite conduits dans une zone sécurisée. Entre temps quelques officiers passent sur les plages afin d’informer ceux qui ne sont pas au courant de l’alerte et ils sont évacués à leur tour. Certains veulent rentrer pour prendre des affaires mais la police les informe qu’il vaut mieux évacuer tout de suite.
Les pompiers sont aussi de la partie. Sous la supervision du Divisional Commander du Nord Ayacootee Dorsamy, ils évacuent quelqu’un piégé à l’étage d’une maison. Le responsable des pompiers confie au Mauricien que des personnes âgées sont souvent enfermées chez elles. Elles ne pourront sortir car bien souvent elles n’ont pas les clefs de la maison.
Selon l’inspecteur Ruttanah, on peut prendre sa voiture dès que l’alerte a été donnée mais après une ou deux heures cela compliquerait la situation sur les routes. « Tout est prévu pour empêcher les véhicules de diriger vers les côtes… Si vous avez de la famille dans ces régions ce n’est pas la peine de revenir. Appelez-les et dites-leur de suivre les instructions », dit-il. L’inspecteur Ruttanah est d’avis qu’il faut faire confiance aux autorités qui s’entraînent pour agir dans ce genre de situation.
« Il n’y a pas lieu de paniquer car c’est dans la panique qu’il y a plus de morts et de blessés dans ce genre de situation », affirme le haut gradé. Il précise toutefois qu’il ne faut pas agir à la dernière minute et que le moyen le plus sûr pour se déplacer dans ce genre de phénomène naturel est à pied. « Certains prendront leur voiture mais si tout le monde le fait cela occasionnera des bouchons et des accidents… Il est donc conseillé à ceux qui le peuvent d’aller vers les hauteurs à pied ».
Il faut apporter le strict minimum selon le SP Bhunnoo. « Des vêtements chauds, de l’eau, quelques provisions mais rien d’encombrant », souligne-t-il. « Nous ne pouvons agir sans la coopération du public. Les participants et ceux ayant reçu les informations sur l’exercice doivent informer ceux qui ne savent pas. Il faut agir quand nous avons la capacité de sauver des vies », précise encore le responsable de l’exercice.
L’endroit choisi par l’équipe d’évacuation est au pied de la Montagne des Signaux à Port-Louis. Les policiers estiment que l’altitude y est de plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer, et qu’il s’agit donc d’un lieu sûr, qu’ils appelleront le « Safe haven ».