Cehl Meeah, Lutchmeeparsad Ramsahok et Eliézer François discutent plate-forme électorale commune; les syndicats et forces de gauche rêvent d’une force élargie
Depuis les rassemblements de la Fête du Travail du 1er Mai dernier, on note comme une tentative de recomposition de l’échiquier politique locale. Si l’effort dans cette direction se poursuit, on devrait probablement se retrouver aux prochaines élections générales – et même régionales – avec de nouvelles alliances de forces qui permettraient d’en finir avec la bipolarisation traditionnelle PTr-PMSD, d’un côté, et MMM-MSM, de l’autre, qui perdure depuis l’accession du pays à l’indépendance.
Ainsi, le Front Solidarité Mauricien (FSM) de Cehl Meeah – qui ne compte pas pour quantité négligeable dans les quatre circoncriptions portlouisiennes et qui s’est renforcé avec l’adhésion de l’ex-ministre travailliste Siddick Chady – discute sérieusement de la constitution d’une plate-forme électorale commune avec le Parti Action Libérale de l’ancien ministre et deputé Lutchmeeparsad Ramsahok et le Mouvement Authentique Mauricien (MAM) d’Eliezer François, également ancien ministre et député. Le Parti de Ramsahok se veut l’héritier politique de l’Action Libérale d’Eugène Laurent et possède une petite assise, particulièrement dans les circonscriptions du Sud. Quant à Eliézer François, il n’a eu de cesse d’arpenter les régions de Roche-Bois et Ste-Croix depuis qu’il est rentré au pays après un assez long séjour en Australie. Eliézer François a, de tout temps, milité pour un siège pour les créoles au No. 3 et serait, dit-on, sur le point de convaincre Cehl Meeah qu’une alliance d’électeurs musulmans–créoles dans la circonscription aurait un effet dévastateur dans toute élection.
De leur côté, les syndicats de gauche qui avaient fait la fête à Beau-Bassin,  ragaillardis par la mobilisation appréciable de leurs membres, particulièrement les travailleurs du Port, des Casinos et des secteurs manufacturier et de la construction, rêvent aussi d’unir politiquement leurs forces. Rézistans ek Alternativ serait prêt à s’y joindre, tandis que le Mouverment Premier Mai avait déjà annoncé bien avant un « effacement volontaire » si cela devait permettre de créer « un mouvement de gauche très large et volontairiste susceptible de provoquer une rupture de masse avec les partis politiques traditionnels qui ont gouverné le pays jusqu’ici. »
Jack Bizlall, animateur du Mouvement Premier Mai, a réuni dans ce contexte un certain nombre « d’intellectuels », hier à Rose-Hill, pour discuter, entre autres, de cette possibilité d’une nouvelle force de gauche, laquelle – c’est sa constance – devrait déboucher sur une nouvelle Constitution et une 2e République.
L’avenir dira si cette tentative de redessiner l’échiquier politique permettra d’aller au-delà du folklore ou bien si elle donnera lieu à un véritable choix permettant l’émergence de nouvelles formations, de nouvelles idées, même si, admettons-le d’emblée, ni Ramsahok ni Eliézer Françios ni Jack Bizlall et même Cehl Meeah ne peuvent prétendre être de nouveaux arrivants sur la scène.