Le président des États-Unis, Barack Obama, s’est dit confiant hier de pouvoir travailler avec le Congrès américain en vue du renouvellement et de la modernisation de l’Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) qui arrive à expiration l’année prochaine.
« J’ai bon espoir que nous pourrons travailler avec le Congrès pour renouveler et moderniser l’AGOA avant qu’elle n’expire, pour le long terme. Nous avons besoin de réussir cela », a lancé le président américain dans un discours prononcé devant les participants au forum des Affaires, dont le Premier ministre mauricien.
« We’re going to keep working to renew the African Growth and Opportunity Act — and enhance it. We still do the vast majority of our trade with just three countries — South Africa, Nigeria and Angola. It’s still heavily weighted towards the energy sector. We need more Africans, including women and small-and medium-sized businesses, getting their goods to market. And leaders in Congress — Democrats and Republicans — have said they want to move forward. So I’m optimistic we can work with Congress to renew and modernize AGOA before it expires, renew it for the long term. We need to get that done », a déclaré le président américain.
Lancé sous la présidence de Bill Clinton, ce programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains expire fin 2015. Maurice milite non seulement pour le renouvellement de l’AGOA pour une nouvelle période de 15 ans, mais aussi pour le renouvellement de la clause concernant la possibilité pour les producteurs de textile mauricien d’utiliser le « third country fabrics ». Cette dernière mesure permet aux producteurs mauriciens d’utiliser des tissus en provenance des pays autres que les États-Unis ou les pays africains membres de l’AGOA, dans le cadre de la manufacture des produits textiles destinés au marché américain. L’entrée en vigueur de l’AGOA et par la suite du « third country fabrics » a permis de donner un nouvel élan aux exportations mauriciennes de textiles vers les États-Unis. Elles ont également facilité l’intégration locale et régionale de l’industrie textile mauricienne. Les démarches et tractations en vue du renouvellement de l’AGOA par les deux chambres du Congrès américain sont déjà très avancées.
Parmi les mesures annoncées par le président des États-Unis hier figure la mobilisation de plus de 30 milliards de dollars — aide publique et investissements privés — à destination de l’Afrique, appelant les dirigeants du continent à créer un environnement politique et économique propice aux affaires.
Washington, qui espère refaire une partie de son retard sur l’Europe et la Chine, a du chemin à parcourir. M. Obama a rappelé que les échanges des États-Unis avec l’ensemble du continent africain étaient équivalents à ceux réalisés avec le seul Brésil. « Sur l’ensemble des produits que nous exportons à travers le monde, seuls 1 % va vers l’Afrique subsaharienne », a-t-il ajouté.
Le secteur privé a aussi augmenté ses promesses d’investissements dans le cadre du programme Power Africa, qui vise, à terme, à doubler l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Au total, en prenant également en compte les apports de la Banque mondiale et du gouvernement suédois, 26 milliards de dollars sont désormais mobilisés sur ce projet.
Après avoir mis en avant les chiffres, M. Obama a longuement insisté sur la responsabilité pesant sur les épaules des dirigeants africains : « Aussi cruciaux que soient ces investissements, la clé de la prochaine ère de croissance en Afrique ne se trouve pas ici aux États-Unis, mais en Afrique », a-t-il martelé.
Hier soir le Premier ministre mauricien a participé à un dîner à l’invitation du couple Obama. L’arrivée de Navin Ramgoolam a été saluée par des militaires après quoi il a été accueilli à l’intérieur de l’imposant bâtiment par le Président Barack Obama et son épouse.
« Ce soir, nous écrivons une page d’histoire », a lancé le président métis des États-Unis, se présentant comme « un fier Américain », mais aussi comme « le fils d’un homme d’Afrique ».
Le sommet Afrique/États-Unis prendra aujourd’hui une autre tournure avec plusieurs sessions de travail présidées par Barack Obama personnellement et devrait également intervenir devant les délégués. Le sommet prendra fin avec une conférence de presse donnée par le président des États-Unis en présence des Chefs d’État et de gouvernement présents à Washington.