Après une première journée d’interrogatoire de six heures hier, l’ancien ministre des Terres du gouvernement de Navin Ramgoolam, Abu Kasenally, est retourné au QG du Central CID dans la matinée pour la reprise de l’exercice. À ce stade, les limiers de la Land Fraud Squad sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi considèrent cet ancien membre du gouvernement comme un témoin en consignant ses explications sur des dossiers d’allocation de Pas Géométriques et de State Lands des plus controversés et délicats politiquement. La prochaine étape de cette enquête devrait être l’interrogatoire Under Caution du Senior Chief Executive, Noorani Oozeer, jusqu’à tout récemment chef de Cabinet au ministère des Terres.
Ce matin, l’ancien ministre Kasenally a été entendu sur trois dossiers, en l’occurrence les Pas Géométriques alloués au groupe Tarisa du groupe Nundlall, le terrain d’État octroyé au Pandit Sungkur, dont l’ombre a plané sur la campagne électorale de l’Alliance PTr/MMM et sur un State Land de quatre arpents 75 perches à un dénommé Fok Lock à Riche-Terre. Aux termes de la State Land Act, le ministre de tutelle doit apposer sa signature à toute allocation de terrain de l’État à des individus alors que le conseil des ministres n’aurait pas été saisi de ces demandes pour le patrimoine foncier de l’État.
Or, dans ces trois premiers des sept dossiers faisant l’objet d’enquête, les procédures établies n’ont pas été suivies à la lettre. Dans le cas du terrain alloué au groupe Nundlall pour le projet de Tarisa, les enquêteurs de la Land Fraud Squad veulent savoir comment les conditions imposées par le conseil des ministres ont été détournées.
Initialement, le groupe Nundlall avait obtenu une superficie de Pas Géométriques à Mon-Choisy sur une Year to Year Lease (le bail devant être impérativement renouvelé chaque année). Or comme par enchantement, cette condition avait été modifiée dans le dossier du ministère des Terres pour éliminer le renouvellement annuel, au bénéfice des promoteurs. L’enquête tente d’identifier le haut fonctionnaire qui a procédé à ce changement et dans quelles circonstances.
Le deuxième dossier est encore plus accablant car il concerne le terrain de Pas Géométriques donné au Pandit Sungkur pour la construction de ce restaurant. Le Registry du ministère des Terres ne contient aucune correspondance portant sur une demande formulée par cet homme religieux pour le terrain dont il a bénéficié sous le gouvernement de Navin Ramgoolam. Le Senior Chief Executive du ministère des Terres devra confirmer d’où sont venues les directives pour ce traitement de faveur au pandit Sungkur pour ce terrain car au ministère, il n’y a aucune trace de cette affaire.
Le troisième dossier sur lequel le Central CID a voulu obtenir des confirmations de la part de l’ancien ministre des Terres concerne un terrain de quatre arpents 75 perches alloué à un dénommé Fok Lok à Riche-Terre. Initialement, le bail était de nature agricole sur toute la superficie. Subséquemment, les promoteurs avaient identifié une superficie d’un arpent et 32 perches pour un développement résidentiel.
Avant même que la demande ne soit étudiée au ministère des Terres et que le feu vert ne soit obtenu pour cette conversion, les promoteurs avaient mis à exécution leur projet immobilier. La Land Fraud Squad, agissant sur une déposition consignée par des officiels du ministère des Terres, soupçonne qu’il y a anguille sous roche.
L’ancien ministre Kasenally devra également être entendu sur d’autres dossiers de Pas Géométriques avec des centaines de millions de plus-values sous forme de spéculation foncière. Il pourrait retourner au Central CID demain pour compléter son audition dans la State Land Saga Revisited…