La science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques ont plus la cote chez les garçons que les filles, constat quasiment identique dans plusieurs pays du monde. En Afrique, en revanche, la situation est encore plus visible, les filles étant en effet de moins en moins intéressées par l’éducation STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics).

Une session d’informations, qui a eu lieu lundi après-midi au Mahatma Gandhi Institute sur le thème “Introducing female role models to girls as a potential of increasing their interests in STEM” à l’intention de collégiens de certaines écoles secondaires, a révélé une tendance descendante s’agissant du choix des matières scientifiques, principalement chez les filles.

Selon Devika Saddul, présidente du Mauritius Chapter de l’organisation Women in Science for the Developing World (OWSD), l’engagement des jeunes dans ces matières est « important », suivant la baisse dans le nombre de jeunes qui s’orientent vers de telles filières. « Il nous faut conscientiser tout le monde sur les sciences », dit-elle à l’égard des élèves et des enseignants. Mais pour cela, elle est d’avis qu’il faut des “role models” qui puissent encourager les jeunes à étudier les sciences, la technologie, l’ingénierie ou les mathématiques.

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La tendance sur le STEM est également préoccupante en Afrique. Selon Olubukola Babalola, présidente de l’OWSD et dont le message a été lu par Devika Saddul, 50% de la main-d’œuvre dans la plupart des pays africains sont des femmes. Elle constate que le nombre de femmes est « pathétiquement faible », soit en dessous de 30%. « À moins que les femmes soient encouragées à étudier la science, l’Afrique sera toujours à la traîne par rapport à d’autres pays », dit-elle. Et d’ajouter que des études scientifiques aideront à combattre des problèmes d’ordre économiques, écologiques et politiques en Afrique.

« Les femmes sont peu représentées dans le STEM à travers le monde mais la situation est pire en Afrique », dit-elle. Elle fait de même ressortir que la femme a apporté d’énormes contributions dans le domaine de la science mais regrette que le nombre de femmes, qui choisissent les matières scientifiques, « n’est pas encourageant ». Pire, ajoute-t-elle, les femmes ont difficilement accès à des postes de leadership dans les entreprises. Si elles ont commencé à choisir des matières scientifiques fin XXe siècle, elles avancent être « souvent confrontées à des difficultés », surtout s’agissant des attentes en relation avec leurs études scientifiques.

Olubukola Babalola fait ressortir que même l’OCDE a exprimé son inquiétude sur la baisse continuelle des filles qui s’orientent vers des études en STEM alors que ce « domaine rémunère mieux ». Alors que les femmes sont encouragées à se tourner vers les sciences, une disparité flagrante entre les hommes et elles est notée. Olubukola Babalola fait ressortir que les femmes scientifiques sont employées dans les universités ou le gouvernement alors que les hommes ont plus de chances et travaillent dans le secteur privé et sont mieux payés. « Les femmes ne sont pas placées dans des postes élevés et ne participent pas à la prise de décisions », regrette-t-elle.

Selon la présidente, plusieurs facteurs ont un impact négatif sur les filles, qui préfèrent ainsi ne pas étudier le STEM. « De ce fait, pour que les filles puissent se tourner vers les sciences dès leur jeune âge, un “role model” est nécessaire », dit-elle. Elle ajoute : « Les enseignantes sont ainsi perçues comme ces modèles. »

Dans sa présentation sur le Mauritius Chapter de l’OWSD, Devika Saddul, regrette qu’il manque toujours des membres du secteur des TIC, des mathématiques et d’autres scientifiques. Présente lors de cette conférence, la Pro Vice-Chancellor de Curtin University Mauritius, Lina Pellicionne, constate également que le nombre de filles allant vers les sciences est « en déclin » dans plusieurs pays. En ce sens, elle cite l’exemple de l’Australie, de l’Inde et de l’Indonésie. « Nous devons encourager les filles d’aller vers le STEM depuis le primaire », dit-elle. Mais pour qu’elles soient encouragées vers la science, il est aussi important d’accorder le financement nécessaire et une approche holistique.

Pour que les filles présentes puissent être encouragées à suivre le pas de celles qui ont eu du succès dans le domaine scientifique, des présentations ont été faites par plusieurs scientifiques, dont l’Associate Professor du Centre for Biomedical and Biomaterials Research de l’université de Maurice, Archana Bhaw-Luximon.

Le Mauritian Chapter de l’OWSD avait été lancé l’année dernière par l’ancienne présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Cette conférence était organisée avec le concours de l’ambassade australienne. L’OWSD est une organisation non gouvernementale qui vise à accroître la participation de la femme dans la science et la technologie.