Le syndicat des sucres a, dans un communiqué diffusé hier, accusé Pradeep Jeeha d’avancer « des chiffres totalement erronés » et de créer la confusion parmi les planteurs.

« Au lieu d’aider toutes les parties prenantes à trouver des solutions durables pour l’industrie dans ces moments difficiles, ses collaborateurs et lui (Pradeep Jeeha, Ndlr) ne cessent de divulguer des mensonges avec, pour seul but, de détruire davantage le moral des producteurs, déjà au plus bas. Ironiquement, certains planteurs qui s’associent à M. Jeeha sont des membres du syndicat des sucres. Or, au lieu de chercher des éclaircissements dans le bon forum, ils le soutiennent à créer la confusion », constate le syndicat.

Le communiqué du syndicat considère que « les chiffres avancés sont totalement erronés ». Selon lui, premièrement, le prix du sucre blanc sur le marché mondial est actuellement de USD 340 la tonne (environ Rs 11 700), alors qu’il était en dessous de USD 320 (environ Rs 11 000) au début de la campagne quand le gros des contrats a été finalisé. Le prix moyen en Europe, depuis octobre 2018, « est pire », soit à 314 euros la tonne, prix ex-usine, selon les derniers chiffres de la Commission européenne, soit l’équivalent de Rs 10 800 la tonne FOB Port-Louis (après déduction du fret).

Par ailleurs l’estimation du coût de raffinage au Moyen-Orient (où les raffineurs ont de plus accès à un coût d’énergie subventionné) « est farfelue », selon le syndicat. Au lieu des USD 17 la tonne indiqués, il serait à au moins USD 85 la tonne. Le coût de raffinage de Tate & Lyle dépasserait les USD 100 la tonne, ayant toujours été soutenue avant 2009 par des subsides. « Si nous devons déduire ces USD 85 (environ Rs 3 000) du LDN#5 à USD 320, nous serons déjà en dessous de Rs 8 000 la tonne. »

« Les allégations de M. Jeeha insinuant que le syndicat a détourné Rs 4 Mds des comptes des petits planteurs en faveur des raffineurs sont donc sans fondement et extrêmement graves, et les membres se réservent le droit de prendre toute action qu’ils jugeront nécessaire dans ces circonstances », conclut le syndicat des sucres.