Le démantèlement du groupe BAI a été cité par le ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, mercredi matin lors de son discours sur le budget 2017-18. « La BAI était une fraude colossale d’une dimension historique. Si le gouvernement n’avait pas agi à temps, plus de 160 000 personnes, clients de la BAI, seraient sur le pavé », a-t-il affirmé à la chambre en l’absence des membres de l’opposition, à l’exception de la députée Danielle Selvon.
Sudhir Sesungkur soutient qu’il « savait que la BAI était un ponzi » et fustige le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, de ne pas le voir de cette façon. Il devait citer une précédente PNQ de l’ancien leader de l’opposition, Paul Bérenger, adressée à Xavier-Luc Duval lorsqu’il était ministre des Finances, évoquant le cas de la BAI. Il fait mention que le ministre des Finances d’alors « avait affirmé qu’il n’était pas au courant ». « Il n’avait pas considéré cela comme un avertissement », dit-il.
Outre la question soulevée par le leader de l’opposition, Sudhir Sesungkur affirme que le Fonds monétaire international avait également pointé du doigt le groupe BAI depuis 2012. « Le FMI avait souligné que la BAI pourrait avoir un effet négatif sur l’économie. KPMG avait aussi tiré la sonnette d’alarme », dit-il, en ajoutant qu’un trou de Rs 12 milliards apparaissait dans les comptes de Klad Investment Corporation Ltd basé aux Bahamas. « La banqueroute était confirmée », précise-t-il. Pour Sudhir Sesungkur, une telle situation « ne pouvait perdurer », mettant en péril des milliers de clients de la compagnie. « Nous avons agi en toute vitesse pour que les gens ne soient pas emprisonnés dans ce plan Ponzi », dit-il. Sudhir Sesungkur soutient que la démarche du gouvernement d’arrêter les opérations de la BAI était « dans l’intérêt de la population. » Selon lui, le gouvernement « a protégé la population et la stabilité financière ». Il ajoute : « La BAI était une fraude colossale d’une dimension historique. Si le gouvernement n’avait pas agi à temps, plus de 160 000 personnes, clients de la BAI, seraient sur le pavé. »
Pour le ministre des Services financiers, le gouvernement a pu gérer les différents budgets présentés malgré les conditions économiques difficiles. En ce sens, il cite l’État providence, les subsides sur la farine et le riz, la santé et le transport gratuits. Citant les différents projets du gouvernement à consolider l’économie, il a tiré à boulets rouges sur l’opposition en disant que les points soulevés par cette dernière « sont trompeurs, démagogiques et mènent à la malhonnêteté intellectuelle ». Pour lui, les membres de l’opposition essaient « de manière délibérée de tromper la population ».