La manifestation effectuée par les taximen d’hôtels, jeudi dernier, dans les rues de la capitale aura rapidement fait réagir les autorités. Vendredi, le Cabinet ministériel est venu de l’avant avec une série de mesures visant à réglementer le secteur. S’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, les opérateurs de taxi restent mitigés quant aux réelles intentions du gouvernement.
Pour l’heure, disent-ils, le combat continue. D’autant que la plus grande menace contre leur gagne-pain – les tours opérateurs – opère « normalement. » La Federation of Hotel Taxi Association (FHTA) doit rencontrer le leader de l’Opposition, demain, pour une session de travail sur ce dossier. Parallèlement, deux autres syndicats, la General Taxi Owners’ Union (GTOU) et la Taxi Proprietors’ Union (TPU), qui ont retenu les services de Me Rama Valayden, tiendront cette semaine une assemblée générale pour déterminer la marche à suivre.  
Le comité interministériel mis sur pied en juillet dernier sous la présidence du vice-PM et ministre du Tourisme, Xavier Duval, pour se pencher sur la situation des taximen d’hôtels, a fini par rendre son rapport. Il a cependant fallu plusieurs manifestations, dont la dernière en date de jeudi dernier, avec menace d’opération escargot des taximen, pour que les recommandations tombent. Vendredi, le Conseil des ministres a approuvé les nouveaux règlements pour les taxis d’hôtels. Entre autres : le respect des bases d’opération de chaque taxi qui ne sera plus admis dans aucun autre établissement hôtelier en dehors de celui où il est affecté pour récupérer les clients; aucun nouveau permis ne sera délivré avant la fin de l’exercice de redistribution qui déterminera le nombre adéquat de taxis affectés à un établissement en proportion de la norme d’un taxi pour dix chambres d’hôtel;  l’obligation pour les taxis opérant dans les hôtels et à l’aéroport d’être munis d’un taximètre; un taxidesk pour les hôtels disposant de plus de 100 chambres; des cours de formation qui seront offerts par la Tourism Authority (TA); l’interdiction des paiements de commission aux opérateurs de taxis; la conduite obligatoire des voitures de 1800cc par leurs propriétaires…
Des mesures mitigées pour les opérateurs de taxi qui ne sont pas totalement satisfaits des recommandations. La GTOU et la TPU estiment que « ces décisions discriminatoires mèneront à la mort des taximen. » Les deux syndicats, qui ont fait parvenir une lettre de doléance, jeudi dernier, au VPM Xavier Duval, attendent l’arrivée du PM pour lui exposer leurs griefs et leurs propositions. Du côté de la FHTA, on estime qu’il est grand temps de régulariser le secteur. Cependant, indique le porte-parole de la fédération, « ce qui a été fait n’est pas forcément en faveur des taximen. Il y a eu un pas dans la bonne direction, mais nous ne sommes pas satisfaits sur plusieurs points. »
Les taximen estiment que ces mesures n’améliorent en rien leur sort; au contraire, disent-ils, leur plus grande menace – la concurrence déloyale des tours opérateurs – subsiste. « Par exemple, nous allons devoir travailler selon nos bases d’opérations. Mais les tours opérateurs, eux, n’ont aucune base d’opération. Ils peuvent prendre et amener les clients où ils veulent; c’est injuste », disent-ils. Et de faire ressortir que la recommandation à l’effet que les taximen devront suivre des cours de formation délivrés par la TA est une aberration. « Comment se fait-il que l’instance qui donne les permis, l’instance qui classifie les hôtels, s’occupe aussi des taximen? », demandent-ils. Et de se dire totalement opposés aux taximètres. Dans cette optique, la lutte des opérateurs de taxi continue…