« Agissons pour les enseignants » est le thème retenu cette année pour la célébration de la Journée mondiale de l’enseignant. L’attention se focalise de nouveau sur le rôle essentiel que jouent les enseignants en vue d’une éducation de qualité. Aujourd’hui, les différents syndicats se réunissent pour célébrer à leur manière cette journée et réfléchir à leur contribution dans la société. Dans son message, le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree lance un appel aux enseignants de songer à la joie qu’ils éprouveront quand bien des années plus tard ils rencontreront ces mêmes élèves qui auront réussi dans la vie. Toutefois, le sentiment de l’enseignant que son métier a perdu de son lustre, contrairement aux autres nouveaux métiers, perdure…
Dans le monde entier, une éducation de qualité offre de l’espoir et la promesse d’un meilleur niveau de vie. Toutefois, il ne peut y avoir d’éducation de qualité sans enseignants compétents et motivés. Les enseignants sont l’un des nombreux facteurs qui permettent de maintenir les enfants à l’école et influencent l’apprentissage.
Chaque année, la Journée mondiale de l’enseignant met en avant le rôle et la contribution de l’enseignant dans la société. L’attention est attirée sur la nécessité de revaloriser la profession, non seulement au profit des enseignants et des étudiants mais aussi de la société dans son ensemble. Par ailleurs, il s’agit aussi d’analyser les problèmes que rencontrent les enseignants en vue d’y remédier.
« On a tendance à oublier que ce sont les enseignants qui produisent de grands médecins, de grands avocats et d’autres grands diplômés », affirment les enseignants. Si chaque année, les enseignants n’ont de cesse de parler d’une revalorisation de leur métier, c’est parce qu’il y a ce sentiment qu’avec l’apparition de nouveaux métiers, le leur a perdu de sa valeur.
Au Mauricien, Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union, confie que « l’enseignant est resté en arrière. Il n’y a pas de reconnaissance ». M. Seegum est aussi d’avis qu’il faut mettre l’accent sur les moyens d’attirer les hauts diplômés vers l’enseignement et de revaloriser le statut des enseignants. Environ 500 enseignants se réunissent au siège de la GTU à Quatre-Bornes aujourd’hui pour réfléchir sur cette journée. Et bien que le ministre de l’Éducation ne cesse de rappeler aux enseignants leur rôle important dans la construction de l’avenir des enfants mauriciens, la frustration est présente au sein du corps enseignant.
Par ailleurs, le problème de promotion des Deputy Head Teachers – qui agissent en tant que maîtres d’école suppléants depuis plus d’un an et demi – perdure dans les différents établissements primaires. Ils sont plus d’une centaine à attendre leur confirmation à ce poste. Le président de la Deputy Head Teachers Union, Swaley Rojee, aborde pour sa part la question du manque de personnel et des agressions sur des enseignants. M. Rojee estime qu’outre la valorisation de ce métier, il faudrait aussi que les enseignants bénéficient d’environnements favorables, de formations appropriées de qualité ainsi que de « mesures de protection » de leurs droits et de leurs responsabilités.
Le rapport du PRB est attendu avec impatience du côté des enseignants. Chaque année, c’est la même bataille pour les promotions en suspens, les conditions de travail ou la rémunération d’un travail additionnel. Par ailleurs selon un rapport de l’UNESCO, les pays d’Afrique subsaharienne doivent recruter 1,8 million de professeurs.