Valeur du jour, selon Kripalou Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association (SPA), les plantations sont affectées à hauteur de 30 %, particulièrement dans le Nord et sur le plateau central, après les grosses pluies de ces deux derniers jours. « Je ne serai pas étonné si les dégâts dépassent les 50 %, au retour du soleil, dans quelques jours », dit-il, avant d’ajouter que cette situation aura inévitablement un impact sur les prix des légumes au marché d’ici à la semaine prochaine.

Avec les pluies abondantes tombées dans le Nord et dans les autres régions de l’île, constate Kripalou Sunghoon, beaucoup de plantations sont inondées. « Il y a deux choses : les pluies ont charrié les nutriments qui se trouvent dans le sol au pied des plantes, déposés en forme de fertilisants par les planteurs. Ensuite, là où l’eau est accumulée, les nutriments ne serviront à rien aux plantes. C’est définitif, on a perdu la fertilité du sol ; les plantes ne vont pas récupérer car, selon la météo, il va pleuvoir pendant encore quelques jours », dit-il.

Selon lui, les plus affectés sont la pomme d’amour, les légumes fins, les salades, le concombre et le melon d’eau. Kripalou Sunghoon estime que ce n’est pas avant un mois que les plantes telles que calebasse, pipengaille, margoze et autres vont reprendre leurs forces. Quant à la pomme d’amour, la carotte, le chou-fleur et autres, il faut attendre environ deux mois. « On manquera de légumes au marché et certains étals seront vides pendant les prochaines semaines ». Planteur de Dubreuil, Jayram Ramjee dit ne pas connaître la superficie ni le nombre de planteurs qui ont investi dans les cultures vivrières. « Nous ne connaissons pas, non plus, le volume de légumes qui seront acheminés au marché durant les prochains jours. Les prix seront alors déterminés par l’offre et la demande », dit-il. Selon lui, « il est sûr et certain que les consommateurs vont souffrir durant les deux prochains mois, en termes de qualité, de quantité et de prix des légumes au marché. »

D’autres planteurs parlent de « catastrophe » dans l’agriculture et, selon eux, « tôt ou tard, on devra importer certains légumes, comme ça a été le cas dans le passé ». Mais, encore faut-il, estiment nos interlocuteurs, mener une étude approfondie en vue de connaître le volume de légumes dont le pays a besoin pour faire face à la situation afin de ne pas faire chuter les prix des légumes locaux. « Les planteurs dont les plantations sont affectées ont besoin d’un bon prix pour qu’ils puissent au moins récupérer leurs investissements afin de pouvoir relancer la production dans les semaines à venir », fait-il ressortir.