A train moves in front of skyscrapers of the Moscow International Business Centre (Moskva City) in Moscow on June 1, 2019. (Photo by Alexander NEMENOV / AFP)

La Russie a appelé mardi l’Iran à « ne pas céder à l’émotion » et à respecter « les dispositions essentielles » de l’accord sur le nucléaire malgré les pressions américaines, au lendemain de l’annonce du dépassement par Téhéran de la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi.

« Nous appelons nos collègues iraniens à la retenue, à ne pas céder à l’émotion et à respecter les dispositions essentielles de l’accord » signé à Vienne en 2015, a déclaré le chef de diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Il a aussi appelé les Européens à « remplir leurs promesses, leurs obligations et à tout faire pour que le mécanisme qu’ils ont créé (pour permettre aux entreprises européennes de continuer de travailler avec l’Iran malgré les sanctions, ndlr) soit réellement opérationnel ».

« Sans cela, il sera très difficile de mener un dialogue constructif et productif sur le sauvetage de l’accord », a-t-il estimé.

La Russie avait déjà dit lundi « regretter » le dépassement de la limite des 300 kilos d’uranium faiblement enrichi par Téhéran, tout en appelant à « ne pas dramatiser » cette première entrave au texte de 2015.

Moscou dénonce la « pression sans précédent » à laquelle l’Iran est soumis par les Etats-Unis depuis la décision de Donald Trump de se retirer unilatéralement de l’accord sur le nucléaire en mai 2018.

Téhéran s’était engagé par ce texte à ne pas chercher à acquérir la bombe atomique et a accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée de sanctions internationales asphyxiant l’économie iranienne.

Mais le rétablissement des sanctions américaines a eu pour effet de presque totalement isoler l’Iran du système financier international et de lui faire perdre la quasi-totalité de ses acheteurs de pétrole.

Téhéran menace désormais de violer d’autres dispositions de l’accord si les autres Etats encore parties (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) ne l’aident pas à contourner les sanctions américaines.

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