Les répétitions quotidiennes vont bon train dans le grenier de la maison Eurêka, à Moka, qui accueille en résidence l’auteur et metteur en scène Christophe Botti pendant un mois, pour la création de sa pièce “Sous la varangue”. Tous nés à Maurice, les quatre comédiens impliqués dans cette aventure nous parlent de leurs personnages, histoire de patienter en attendant les représentations des 12, 13 et 14 novembre, en soirée ou en matinée.
Chaque jour, de 10 à 17 h, le grenier de la maison Eurêka accueille la petite troupe de Sous la varangue pour une nouvelle répétition. Grâce à leur hôte, Jackie de Maroussem, cette comédie dramatique contemporaine, on ne peut plus mauricienne, voit le jour et prend forme sous la direction de son auteur, Christophe Botti. Ancrée dans l’histoire de Maurice, avec un quart de la pièce qui se déroule dans les années 1930 et les trois-quarts aujourd’hui, Sous la varangue parle de transmission de l’histoire familiale sur trois générations avec ses drames, ses amours et ses trahisons et, surtout, la question lancinante de la transcendance du passé et de la meilleure façon de vivre avec son héritage pour être heureux dans le présent.
À côté de la transmission de l’histoire familiale et de l’évolution des liens entre descendants d’engagés et descendants de colons, la transmission et l’évolution du patrimoine naturel est l’autre grand thème de cette pièce. La biodiversité et l’histoire naturelle ont à voir ici avec Mare-aux-Songes, appelée la Mare aux illusions dans la pièce, et le retour d’un fils prodigue, après 20 ans d’absence et de silence, qui veut étudier l’environnement du dodo et, si possible, en retrouver un squelette entier…
Le public mauricien aura non seulement la primeur de cette création, mais aussi quelques exclusivités non négligeables, par rapport au public français par la suite. Nous découvrirons en effet cette pièce dans son décor naturel, à savoir une vraie varangue, celle d’Eurêka, qui sera transformée en scène, face à laquelle le public se tiendra côté jardin. Les spectateurs français auront quant à eux droit à un décor construit, une sorte de maison-bâteau métaphorique… Nous entendrons en live à chaque représentation la musique de Richard Beaugendre, dont une chanson spécialement créée pour cette pièce,  contre une bande enregistrée par la suite.
Au nombre de quatre, les comédiens interprètent sept rôles au total : Vinaya Burrel sera alternativement Saloni et sa grand-mère Shana, 80 ans plus tôt; Benjamin Gilot-Lagesse sera, lui, Guillaume Le Dantec et son grand-père Charles, dans le passé aussi; David Furlong sera Ashwin et son grand-oncle Ashique; et enfin Bertrand d’Unienville tient l’unique rôle de Paul-Marie Le Dantec, le père de Guillaume… S’ils sont tous nés à Maurice et ont tous déjà une riche expérience du théâtre, deux d’entre eux jouent pourtant pour la première fois à Maurice…