Une « gestion totalitaire règne depuis trop longtemps chez Mauritius Telecom (MT) », a estimé Suraj Ray, le président de la Telecommunications Employees and Staff Association (TESA), lors d’une conférence de presse tenue il y a quelques jours. Il évoque la démission du chairman de MT ainsi que « le système » de la compagnie entière.
Pour Suraj Ray, Pravind Jugnauth a « du pain sur la planche » concernant MT. Cette dernière étant une « compagnie phare », elle ne devrait donc pas, selon lui,
avoir un « service dérisoire ». Ces propos, le président de la TESA dit les tenir principalement dans le cadre du projet de fibre optique à Maurice. « Zordi fibre optik ti bizin enn realite dan tou bann parti nou pays et dan Rodrig. Et ti bizin ena enn minimun de kalite dan sa prodwi la », lance Suraj Ray, affirmant notamment que les démarches pour l’aboutissement de ce projet n’ont « pas commencé à temps ». Raison pour laquelle il demande au ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation que celui-ci soit « attentif à la demande des clients de MT ainsi qu’aux employés » de la compagnie.
Développant, il estime que la situation des travailleurs dans les filiales de MT serait également « déplorable au sein de ses deux subsidiaires que sont Mauritius Telecom Services Ltd et Mauritius Telecom Call Services Ltd ». Et de déplorer que « ceux qui sont embauchés dans ces deux filiales n’ont pas de bonnes conditions de travail et ne sont pas syndiqués ». La TESA attend d’ailleurs d’être reconnue afin de pouvoir entamer les négociations avec la direction de Call Services Ltd et Mauritius Telecom Services Ltd, dit-il encore. Le syndicaliste a de fait lancé un appel à la direction de l’opérateur afin d’entamer les négociations « dès maintenant » en ce qui concerne les conditions de services qui entreront en vigueur en juillet 2016.
Certains au sein de MT, estime le président de la TESA, bénéficieraient « d’avantages et de salaires exorbitants » tandis que d’autres seraient « mis sur la touche, attendant indéfiniment une promotion ». Il critique également les procédures de recrutement et un « manque de transparence flagrant ». Aussi les membres de la TESA demandent-ils l’instauration d’une commission d’enquête sur le département des ressources humaines de la compagnie. Dans le même souffle, ils fustigent le secteur administratif de MT, où « les directeurs mauriciens brillent par leur absence lors des réunions », et ce contrairement aux dirigeants d’Orange qui, eux, répondraient « toujours présents ». Suraj Ray non seulement évoque le cas de la démission du chairman de MT, mais il demande aussi à ce que « le fonctionnement de la direction elle-même » soit revu. « Seki pou ena pou ale, bizin ale », affirme-t-il. Au cas contraire, dit-il, une « ambiance malsaine » pourrait régner au sein de la compagnie « durant les cinq prochaines années ».